Où l’on réalise qu’on n’aurait jamais dû emmener le chat en vacances

Chat_explosion_marie-feroce_petite-aventure
Résumé de l’épisode précédent :
On a emmené le chat en vacances.
On est dans la merde.
On cherche à savoir où s’est planquée Marie-Féroce.

Prudemment, un pas après l’autre, on avance dans la pièce en se demandant à quel moment la bête va surgir. Mais rien… On a quand même un petit soupçon sur l’emplacement vide du lave-vaisselle, juste sous l’évier parce que c’est masqué par un rideau (ça ferait une bonne planque) et aussi parce que vu qu’on n’a pas loué un 8000m2, il n’y a pas d’autre endroit ou se cacher. Et BINGO : si on s’approche à moins d’1 mètre, le concert de grognements ! Mais tant qu’on reste à distance, il ne se passe rien. Au moins elle a trouvé un refuge et on peut enfin « profiter » de la pièce. Quant à l’évier… on fera la vaisselle dans la salle de bain.

Mardi matin
Marie-Féroce n’est toujours pas sortie de sa grotte et n’a donc toujours ni mangé, ni bu, ni été dans sa litière. Elle n’a donc pas non plus pris le moindre médicament. On est au top.

On se prépare un petit dej en escaladant quasiment le plan de travail pour atteindre la cafetière sans trop s’approcher du rideau (ce truc est en train de devenir une sorte de bouche de l’enfer façon lycée de Sunnydale). On s’installe sur le canapé, devant la TV, en préparant tout de même sur la tableau un spray à eau et une carafe pleine au cas où Marie-Féroce décide de pointer hostilement sa truffe (conseils de la comportementaliste qui suit Marie-Fé’ : en cas d’attaque, BIM, balançage de flotte à la gueule). Et après quelques minutes, surprise : ELLE SORT ! Tout doucement, une patte après l’autre. Je la vois faire mais M. est de dos et n’ose pas bouger pour ne pas l’effrayer :

— Elle est sortie !
— Complètement ?
— Presque ! Ça y est, là elle est dehors. Elle va vers la gamelle. (Bruits de croquage de croquettes)
— Elle est comment ? Calme ?
— Je crois. Elle renifle tout. Elle marche vers sa litière…
— Je vais essayer de me retourner, je veux la voir (se retourne tout doucement)

On est là, à peine réveillé, en pyjama dans le canapé et on s’extasie devant notre chat qui fait ses premiers pas dans le salon, soulagées que la pression retombe enfin et qu’elle s’habitue à ce nouvel environnement. Les vraies vacances vont enfin commencer… Elle continue son exploration, nous voit et vient vers nous, tout doucement. Elle s’installe entre le canapé et la table basse (entre nous et nos munitions en cas d’attaque….). C’est si mignooOOOOOH PUTAINNNNN ! En un quart de seconde, la situation vient de basculer dans l’angoisse totale. Oreilles baissées, pupilles dilatées, crête de punk, crocs bien visibles et grognements bien flippant : Marie-Féroce est de retour ! Et on est coincé !

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— Ne bouge pas….
— On fait quoi ?
— Je sais pas.
— Je peux essayer d’attraper l’eau sur la table… (Léger mouvement de bras. Redoublement des cris et grognements)
— Non non non t’es malade !

S’en suivent quelques dizaines de secondes extrêmement longues durant lesquelles chaque micro mouvement semble énerver encore plus Marie-Fé. On est toujours coincé, en pyjama débardeur / short / tongs : pas exactement la tenue adéquat pour aller au combat. A cet instant, je nous vois finir en steak tartare. M, elle, bien plus efficace, entrevoit une piste de solution…

— T’as vu ?! Y’a eu un bruit, elle s’est tournée pour regarder ! On va jeter ta tong là-bas. En même temps, je lui jette un coussin, on saute par-dessus le canapé et on va dans la chambre…. ok ?
— Ok (Le « ok » le plus flippé de toute l’histoire des « ok » parce que oui, c’est notre meilleure option mais on va être honnête : même si la porte de la chambre est juste derrière le canapé, je ne suis pas hyper à l’aise à l’idée de défier les réflexes d’un chat.

Pas le temps de gamberger : la tong est déjà en vol !
Tout s’enchaîne très vite : jet de coussin – saut de canapé – sprint et claquage de porte et ça y est ! On est en sécurité !

Cheetah_chasing_man

On serait bien resté en PLS deux ou trois jours sur le parquet pour s’en remettre mais M, qui est un peu malade, a rendez-vous chez le médecin : déjà qu’on a réussi à avoir un rendez-vous un peu à l’arrache, on va tenter d’être à l’heure. Après ça, on pourra souffler. Une douche et en route ! Ah. Ouais. Sauf qu’aller dans la salle de bain implique de passer par le salon… C’est bien, ces vacances ne sont pas du tout compliquées… On arrive quand même à s’en sortir en passant d’une pièce à l’autre rapidement, armé d’un balai en cas d’attaque de la bête (bête qui n’attaque pas du tout en fait : elle s’est installée sur le canapé et gueule dès qu’on se montre…Bon.). C’est sportif mais ça fonctionne et à 14h45, on est dans la salle d’attente pour le rdv de 15h !
15h30 : des personnes arrivées avant nous attendent encore. Classique. C’est pas bien grave.
16h00 : de nouvelles personnes arrivent
16h30 : toutes les places de la salle d’attente sont occupées. On pourrait lancer une partie de chaises musicales. Une dame nous demande si on a vu un être humain passer depuis qu’on est arrivé (la réponse est oui, mais on ne l’a pas vu beaucoup…).
17h00 : une jeune femme fait le récit de sa rupture à une autre. Le médecin commence à appeler des gens arrivés après nous…
17h15 :

— Excusez-moi, j’avais rendez-vous à 15h00…
— Oh oui, pardon, je ne vous avais pas notée ! Je m’occupe de madame et ensuite je m’occupe de vous.

17h30 : ça fait tellement longtemps que je n’ai pas bougé de ma chaise qu’il va me falloir de la rééducation pour réussir à marcher jusqu’à la porte du cabinet.
17h45 : on quitte enfin les lieux

Faisons un rapide récap’ de ce début de vacances :

  • Jour 1 : on a roulé 9 heures en rêvant de vacances pour finalement libérer le Kraken dans l’appart (auquel on ne peut partiellement plus accéder depuis…)
  • Jour 2 : on s’est fait agresser par le chat et un médecin nous a oubliées pendant 2h30 (ça va qu’après on a pu aller noyer notre peine dans de la sangria)

Je rappelle qu’on a emmené le chat avec nous pour pouvoir lui donner son traitement mais que ça fait 2 jours qu’on ne peut pas l’approcher…
Essayons de nous dire que demain est un autre jour.

Mercredi matin.
Mon cerveau décide de me réveiller vers 6 heures du mat’ parce que les cauchemars, ça ne suffisait plus : angoisser en vrai, c’est tellement mieux ! Le cerveau de M lui a apparemment fait le même coup. On n’a pas vraiment hâte de se lever non plus…  C’est alors qu’on entend gratter à la porte. Comme à la maison. Comme quand Marie-Féroce est juste Ivy, un petit chat mignon (uniquement avec nous, certes, mais mignon) qui veut entrer dans la pièce pour avoir des câlins et de l’attention. Le stress s’évapore en 3 secondes : ça y est, elle est calmée !

— On essaie de lui ouvrir ?
— On peut essayer…

Je m’approche de la porte en lui parlant :

— Salut mon Boubou. Ca y est, tu vas mieux ?
(petits miaulements sympas de l’autre côté de la porte)

Je mets la main sur la poignée.
La baisse.
Pousse légèrement la porte pour l’entrouvrir… et d’un seul coup, les miaulements se transforment en feulements, crachats et grognements ! Une patte, toutes griffes dehors, passe par l’entrebâillement et tente de lacérer tout ce qui est à sa portée ! J’attrape le balais, la repousse, referme la porte et cours me cacher sous la couette (appelez-moi Marie-Courage).

Résumons : LE CHAT VIENT DE METTRE UNE PUTAIN DE STRATÉGIE EN PLACE POUR NOUS FAIRE OUVRIR LA PORTE ET NOUS TUER ENSUITE !

Chat_fusil_petite-aventure

C’est reparti pour une galère pour aller nous doucher. On ne passe même pas par la case « petit-dej » vu qu’on ne peut pas accéder au frigo. De toutes façons, on ne mange plus trop, donc on s’en fout. (Et quand bien même on aurait un peu faim, M vomit tout alors bon).

Mission du jour : trouver de l’aide, et vite. On a repéré un vétérinaire dans notre rue. On y va. On entre. L’assistante nous demande la raison de notre venue. J’ouvre la bouche pour lui tout bien lui expliquer et… je fonds en larmes ! (nerveusement, c’est un peu compliqué). M prend le relais et finalement, on repart avec un spray censé apaisé la bête (apparemment, c’est un truc utilisé dans les zoo pour détendre les animaux sauvages : on est dans la cible).
Retour au bercail : on arrive à faire trois pas dans le salon jusqu’au canapé sur lequel Marie-Fé s’est réinstallée. On vaporise le truc et on se casse rapidos. Qu’allons-nous trouver à notre retour…. ? Suspense…. TOUJOURS LA MÊME CHOSE !

Retour chez le véto :

— Rebonjour Madame. Le spray pour les tigres et les hippopotames, ça marche pas. On fait quoi ?

Et c’est comme ça qu’on se retrouve en « urgence » en entretien avec le vétérinaire.
On lui fait le récit complet des événements, on déroule tout l’historique et on attend son verdict.

Le véto : …Mmmhh…mmfgfffmmms’ennuie….. (le monsieur n’est pas facile à comprendre)
M : Oui… peut-être qu’elle s’ennuie un peu. Mais bon, ça n’explique pas tout.
Lui : Mmmffgg mmgfffs’ennuie…. Mfdfnfnvvchaton.
Moi : Pardon ?
Lui : Mdmgfff peut-être prendre un chaton…
Moi, à M : C’est non. C’est hors de question.
M : Non non, t’inquiète. En plus on ne sait pas trop si elle l’accepterait. Limite elle pourrait le tuer….
Lui : mmpffgfgsait pas…mmmfff faut tester…..
M : Tester quoi ? Si elle le tue ?
Lui : mgmfgfgfaut tester….
Moi : Non. C’est non.
Lui : ….
Moi :
M :
Lui : … mmfggfgquand même un chaton
Moi :
M : ….
L’assistante : Docteur… Le chaton c’est une idée, mais je pense que les jeunes filles cherchent une solution pour tout de suite. Parce que bon, elles sont ici en vacances et elles ne savent pas quoi faire…
Lui : Moi non plus
L’assistante : Vous pourriez allez voir…
Lui : mmmfff pourrai rien faire… mmfff Peut-être lui faire un scanner… Elle a peut-être un problème….m mffffpdfhg l’amener à la clinique
M : ok mais on l’y amène comment.. ? Parce que là, on ne peut pas l’attraper. Vous avez pas un genre de pistolet pour l’endormir ?
Lui : mmdffgf si… mdfmdlmais pour gros animaux. Ca va la traverser.
M : Ah. Donc vaut mieux pas.
Lui : Non.
L’assistante : Docteur, vous voulez pas aller les aider… ?
(Vous noterez que je ne parle plus trop : soit je chiale, soit je guette le chat du véto qui vient gratter des caresses alors qu’il me fait flipper.)

Mercredi midi
Nous voilà reparties pour l’appart, équipées :

  • d’un vétérinaire qui marmonne (mais qui est super sympa),
  • d’une paire de gants de contention (une sorte de cotte de mailles pour les mains)
  • et de deux paires de gants renforcés (le mec part donc du principe qu’on va se mettre à 3 pour saisir Marie-Féroce alors que j’ose à peine fait un pas dans la pièce. Perso j’aurais préféré un pistolet pour l’endormir mais bon, il paraît que ça va la traverser alors forcément…)

TO BE CONTINUED
(je pensais que ça tiendrait en 2 épisodes : LOL)

 

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