Qui a envoyé Laurent Voulzy chez Julie Lescaut ?

Tournage d’épisodes de Julie Lescaut. Je vous passe le pourquoi du comment je suis là mais à force de me voir squatter le plateau tous les jours, on me propose mon tout premier stage. Ils n’ont absolument pas besoin de moi, c’est juste pour être sympa (et assurés, tant qu’à faire !) Autant vous dire que je suis hyper contente et que même si on ne me demande que des petites choses, j’ai envie de faire ça bien.

Entre autres trucs, je stoppe des voitures dans la rue, je demande le silence. Le silence… Le Fameux. Celui pour lequel

  • on te demande de trouver dans quelle rue du quartier se planque l’employé municipal qui souffle des feuilles et qui ruine le son de toutes les prises
  • on t’envoie, du haut de tes 18 ans, stopper des travaux de voirie (et où tu ne démens surtout pas quand les mecs te prennent pour un flic avec ton talkie walkie parce que tu sais que c’est la seule raison pour laquelle ils ont stoppé les marteaux-piqueurs).

LE Silence.

Ce jour-là, on tourne dans les bureaux du « commissariat » des Clairières (ouais, à Vanves quoi. Mais je trouve ça plus joli « Les Clairières ». Cette fameuse ville qui doit compter 33 collèges, 49 lycées, 237 banques et un taux de criminalité plus élevé que celui de Chicago). Tout est calme dehors donc je suis à l’intérieur avec le reste de l’équipe. On va tourner une scène classique d’interrogatoire dans le bureau de Lescaut. Tout le monde se met en place.
Silence, s’il vous plaît !
Moteur demandé.
Ça tourne.
Et… Action !

— Monsieur Dupond. Que faisiez-vous mercredi dernier à 1h du matin ?
(musique et petite voix au loin) J’ai le coeur grenadine, pas d’soleil sur ma peau oouuhoohouuhoo !!
— Coupez ! C’est quoi ce truc ?!

Sauf qu’entre temps, plus un bruit. Pas moyen de savoir ce que c’est, d’où ça vient, si quelqu’un dans le quartier a décidé d’apprendre à chanter Voulzy PILE à ce moment-là.
On y retourne.
Silence, s’il vous plaît !
Moteur demandé.
Ça tourne.
Et… Action !

— Monsieur Dupond. Que faisiez-vous mercredi dernier à 1h du matin ?
(re musique et re petite voix au loin) J’ai le coeur grenadine, pas d’soleil sur ma peau oouuhoohouuhoo !!
— COUPEZ !! Quelqu’un va arrêter ce truc !

Ce jour-là, « quelqu’un », c’est moi. Je cours voir ce qui se passe (et accessoirement, faire taire Laurent Voulzy). Bien entendu, comme la première fois… il n’y a plus un bruit. La rue est déserte, en dehors d’un petit groupe vers lequel je me précipite même si je me doute que ça ne peut pas venir d’eux : ils sont 3 ou 4, debout autour d’un grand biker moustachu tatoué assis sur sa moto. Mais bon… Ils savent peut-être d’où ça vient. Je continue de courir vers eux et au moment où je m’apprête à leur parler, la musique repart de plus belle, juste à côté de moi cette fois, et le biker se met à minauder en regardant une caméra (que je découvre à ce moment-là) et chante en play back :

— J’ai le cœur grenadine, pas d’soleil sur ma peau oouuhoohouuhoo !!
— STOP ! Excusez-moi ! Je suis désolée de vous arrêter mais qu’est-ce que vous faites ?
— COUPEZ ! On tourne une pub. Vous dérangez, là ! Poussez-vous, merci !
— Vous avez une autorisation ? Parce que c’est vous qui dérangez notre tournage avec la musique.
— (Un autre mec arrive derrière moi et…) Bonjour, c’est moi qui suis responsable. Désolé, on n’a pas grand chose à tourner, on voulait faire ça rapidement…

Je me retourne et je découvre donc que la personne qui vient de catapulter Voulzy dans un interrogatoire de Julie Lescaut (avec un timing millimétré !) n’est autre que… Jérôme de « Premiers Baisers » !

CONCLUSION
Si j’ai bien compris :

Lescaut_Voulzy_Premiers-Baisers

 

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Tentez l’aventure Christine and The Queens !

Les « petites aventures », en général, c’est la séquence « Vidéo Gag » racontée par la fille qui doit aller remettre un prix sur scène, qui trébuche sur le tapis, rate une marche et se ramasse devant toute la salle… (Oui, ça AUSSI, c’est arrivé pour de vrai.). Mais de temps en temps, ça peut aussi être la séquence « Euromillions » racontée par la fille qui a gagné le gros lot. Et aujourd’hui, le gros lot, c’est le concert de Christine and The Queens à la Gaité Lyrique.

Ça fait des semaines que j’attends ce concert. (Depuis que j’ai vu ça aux Victoires de la musique et que ça m’a retournée : http://youtu.be/z4-Lra7TaeE ) Des semaines pendant lesquelles j’ai eu le temps :

  • de m’impatienter,
  • d’oublier,
  • de me rappeler,
  • de perdre les billets,
  • de retourner mon appart,
  • d’accuser le chat,
  • de les retrouver,
  • de me ré impatienter,
  • de chanter « Nuit 17 à 52 » sous la douche (rarement un refrain aura été autant massacré… Mais maintenant, je peux ajouter « Baleine : lu, écrit, chanté » à mon CV).

Dans la salle, en attendant que ça commence, on nous passe de la musique. Les gens crient presque pour se parler. Du coup, on capte des morceaux de conversations :

— C’est moi qui t’ai fait connaître Christine and The Queens ?
— Oui.
— Ah ouais… Mais quand ?
— On entend un des morceaux sur ta sextape…
— Ah ouiii !! Elle était dans ma playlist, c’est vrai !! J’adore….

(On n’en doutait pas !)

Rien que là, déjà, je considère que prendre des billets pour ce concert a été une des meilleures idées de l’année ! Et ça n’a même pas encore commencé…

Et quand ça commence…. J’en prends plein les oreilles, les yeux, le cœur (il a beau être de l’autre côté, elle l’a trouvé !). Ca m’embarque totalement. Sauf que du coup, je ne suis capable de chanter que les fins de phrases (j’écoute les débuts) et j’en oublie de danser. Au mieux je bouge la tête en rythme, un peu comme un chien sur la plage arrière d’une Punto tunée (Oui, tunée. Parce que j’ai entendu dire que les mecs soignent la sono. Quitte à être coincée sur une plage arrière, je me fais plaisir !). J’ai l’air de rien (de vraiment rien ! J’ai même des bouchons dans les oreilles vu je suis littéralement accoudée aux enceintes.) mais je m’en fiche un peu : je kiffe du début à la fin ! Et quand ça finit, j’ai simplement très envie d’y retourner !

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Donc voilà, si vous aussi vous avez envie de vivre une petite aventure avec Christine and The Queens, si vous avez envie :

  • de prendre des billets, les perdre, retourner votre appart et les retrouver (et de fêter ça par une petite danse de la joie)
  • de vous impatienter
  • de chanter sous la douche un truc qui ressemble plus à une B.O. de « Sauvez Willy » qu’à « Nuit 17… »
  • d’entendre des gens parler de leur sex tape
  • d’assister à un concert plein de très bonne musique, de beaux textes, de danse, de vidéos, d’énergie, d’originalité, d’émotion, de sincérité… et de chaleur humaine
  • d’avoir l’air d’un chien de plage arrière de Punto tunée et d’en avoir rien à faire
  • de sortir de là en ayant envie de dire « Déjà ? », « Merci ! » et surtout, « À bientôt ! »

Si vous avez envie de tout ça, vous trouverez la liste des concerts par ici :
http://www.because.tv/artistes/christine-and-the-queens.html

Et en attendant, l’album « Chaleur humaine » est sorti :
http://www.christineandthequeens.com/

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Libérée, délivrée !

Dans la rue, un petit garçon de 4 ou 5 ans et sa maman arrivent à ma hauteur sur le trottoir.

Lui : Tu sais maman, moi j’ai pas l’habitude de vivre en liberté.
Moi : Hahahaha !!! (pas pu me retenir)

La maman, super gênée, me jette un regard à mi chemin entre le « Hahaha qu’est-ce qu’on rigole » et le « Pitié, dites-moi que vous n’avez pas VRAIMENT entendu ! ».

La maman : Hein ? Mais enfin, pourquoi tu dis ça ?
Lui : Parce que c’est vrai. D’habitude je vis plutôt dans l’appartement.

 
Dans la même rue, une semaine plus tôt, j’ai croisé une petite fille du même âge qui courait sur le trottoir, bras grands ouverts et gilet dans le vent façon cape, en chantant/hurlant :

– Libéréééeeeeee, délivréééeeee !! Je ne mentirai plus jamaaaaaaais !

Donc, apparemment, chaque samedi, à Gambetta, les gens relâchent les enfants qu’ils séquestrent pendant la semaine.

Y VIVA ESPAÑA !

Espagne

 

L’avantage quand on passe l’épreuve de LV2 au Bac, c’est que ça ne peut que rapporter des points. En théorie, pas de stress donc.
En théorie. Parce que, bien entendu, en bonne angoissée que je suis, je me sens à peu près aussi bien que si je jouais la vie de ma famille sur 7 générations sur le commentaire d’une planche de Mafalda (j’ai donc pris espagnol, oui).
Le jour J arrive enfin. Réveillée depuis l’avant veille, j’ai eu le temps de vérifier 85 fois que j’ai bien ma carte d’identité et ma convocation.

7h45.
En arrivant au lycée, je n’en mène pas large mais au moins je suis à l’heure. La bonne nouvelle, c’est que je ne suis pas la seule à être un peu tendue . On discute, on plaisante, on se parle des textes sur lesquels on espère ne surtout pas tomber. On essaie de garder les yeux ouverts, aussi (7h45 tout de même…)
Et l’heure tourne…

9h.
Personne. À part nous. Et ceux convoqués un peu plus tard et qui commencent à arriver. On n’a aucune idée de ce qui se passe mais on essaie de rester concentrés.
Et l’heure tourne encore…
Moi qui n’étais pas hyper bien réveillée, au moins ça me laisse le temps de me remettre d’aplomb.
J’ai le temps d’aller chercher un café, vous croyez ?

10h.
C’était bien la peine de se lever avec les poules ! On est désormais un bon gros troupeau à roder dans un couloir au fin fond du lycée… On n’a toujours pas de nouvelles. Et bien entendu, personne n’a prévu de jeu de cartes. On est à « ça » de lancer une partie de 7 familles avec nos  cartes d’identité.
Par contre, on n’est plus trop tendus, du coup.. Forcément…
Quelqu’un a de la monnaie ? Je pense que je vais me prendre un 3e café… Je suis plus que bien réveillée mais ça passera le temps…

11h.
Quelqu’un a pensé à appeler les hôpitaux du coin ? Juste au cas où…
Non merci, plus de café. En revanche, quelqu’un a un truc à manger ?
Tiens, regarde, je sais faire le poirier contre un mur.
Et toi, tu as compté combien de carreaux de carrelage entre la porte d’entrée et la salle de cours ? Ah ouais ? Moi, 54. Viens, on recompte.
Faut que j’aille aux toilettes. Si quelqu’un arrive, vous criez ?!
T’étais convoqué quel jour toi ?
Vraiment personne n’a un truc à manger ?!? Ah cool, des michokos, merci !

12h
Non je ne suis plus stressée du tout, J’AI FAIM ! Le mec a intérêt de se pointer avec une paëlla !!!!
Ah…. Bonjour monsieur….

– Désolé, votre examinateur est malade et le temps qu’on me prévienne et que j’arrive…
– C’est pas grave (c’est un Twix qui dépasse de votre poche ?! Je vous préviens, je ne suis pas du tout en état de plaisanter avec ça !!).
12h30.
– C’est à vous.
– Ah chouette (ÇA NE FAIT JAMAIS QUE 4h45 QUE J’ATTENDS !!)
– Comme vous avez beaucoup attendu, ce qu’on va faire c’est que vous choisissez 2 textes dans votre liste et je vous interroge sur l’un des 2. Ok ? Et je vous donne la note tout de suite.
– Heu…. Ok. Alors…. Ces 2 là (D’un coup, je regrette un peu moins l’attente).
Sur les 2, il choisit mon préféré : l’histoire d’un papi qu’une famille abandonne à l’hôpital pour partir en vacances, qui se fait jeter et qui finit par se réfugier dans un ciné porno (étrange mais drôle).
Je mène ma présentation à peu près comme je veux. Je suis plutôt contente. Soulagée. (Affamée aussi) Plus qu’à répondre aux questions.
L’examinateur réfléchit un moment. Un assez long moment (je pense que des gens sont morts de faim dans le couloir entre temps).
Et il me pose enfin une question. Une seule question. LA QUESTION :

– Que pensez-vous de la vie sexuelle des personnes du 3ème âge ?
– …. (yeux de poisson lune un peu halluciné)… Heu… Que…. Que s’ils peuvent encore et qu’ils en ont envie, c’est bien.
– Vous avez raison. Merci. Vous avez 18.

Y VIVA ESPAÑA !