Et si on s’en tenait aux Strepsils…

Un matin, je me lève après une mauvaise nuit passée à tousser. Enfin… « à tousser »… À me démonter la gorge à la moissonneuse-batteuse…!
Je passe donc par la pharmacie avant d’aller travailler, je demande un truc un peu efficace (pas des Strepsils, donc) et je repars équipée du sirop « Toplexil ».
« 2 cuillères à café – maximum 4x par jour. Bonne journée mademoiselle. »

Je n’ai pas de petite cuillère sur moi mais je ne me laisse pas démonter et j’ouvre la bouteille dans la rue pour prendre immédiatement 2 cuillères gorgées.
J’arrive au bureau, je tousse toujours comme une perdue et reprends donc 2 gorgées (j’ai assez rapidement décidé qu’il s’agirait là de mon unité de mesure du sirop : plus rapide et pas de vaisselle).

Et là, après une petite heure…
Vous avez déjà vu ces gens qui s’endorment dans le métro et qui finissent par tanguer dangereusement de gauche à droite sous le regard amusé de leurs voisins ? Sauf qu’à ce moment là, mon voisin, c’est S., ma boss, et que sur le moment, même si elle a de l’humour, ça ne la fait pas vraiment rire…
Mais bon, sympa, elle voit que je suis un peu malade et propose une pause d’équipe histoire de prendre l’air et de se détendre un peu (perso, j’étais déjà bien biennn détendue….).
Une fois dehors, chacune s’assoie sur un muret, une barrière etc..

Je ne me souviens pas bien du moment où je me suis dit « MAIS OUAIS ! Assise directement sur le trottoir, je vais être au TOP ! » mais je pense que j’y serais encore si je n’avais pas été réveillée par le bruit qu’a fait S. en glissant son gobelet de café vide devant moi (S., ou comment rendre son équipe rentable même quand elle n’est pas pleinement opérationnelle).

Conclusions :
– le Toplexil fait MÉCHAMMENT dormir
– la « gorgée » n’est pas une unité de mesure recevable (Information utile si vous avez besoin de faire des conversions : 4 gorgées = 47 cuillères à café = 1/2 bouteille = dodo)
– depuis, je m’en tiens aux Strepsils…

Wonder Woman, les licornes et moi

Vous voyez ces matins où vous vous levez en vous disant « Allez, ça va le faire ! »… en sachant pertinemment que non, ça ne va pas trop le faire mais tant pis ?
Ce jour-là, je vis précisément l’un de ces matins. Je me suis couchée un peu fiévreuse, et me suis réveillée, en toute logique, malade comme un chien avec environ 45,5°. À 2 doigts d’avoir des hallus, je prends donc la décision qui s’impose : je vais travailler (gros bisous les 3 jours de carence !).
Autant vous dire qu’avant même d’avoir pu dire 3 fois « Fervex », mon état s’est légèrement dégradé (si si, c’est possible) et que je finis chez le médecin, puis aux Urgences. (La prochaine fois, au lieu de faire la maline au sujet des jours de carence, je resterai au lit, hein…)

Et c’est à ce moment que la vie, qui devait s’ennuyer un peu jusque là, décide qu’il est grand temps de se marrer un peu !

Pour ceux qui ne me connaissent pas (à peu près tout le monde ici), je suis « une Situs ». Le petit nom de « Situs Inversus complet ». En gros, rien de grave, c’est juste que tous mes organes sont inversés, façon miroir. (J’ai le cœur à droite, le foie à gauche, etc…) Et vu qu’on n’est qu’1 sur 1 million* dans ce cas, autant vous dire que quand je débarque dans un hôpital, pour les médecins, c’est un peu comme si une licorne se promenait dans les couloirs. Je pense que le mec planqué dans Mickey à Disneyland à moins de succès que moi.

Me voilà donc aux Urgences, en panique, persuadée que je vais décéder dans les 5 prochaines minutes et bien entendu, on profite de ma faiblesse pour me demander de mettre une blouse… Ouais ouais : LA blouse. La fameuse… Mais vu qu’elle est assez courte et totalement transparente, j’ai le droit de garder mes sous-vêtements. CHOUETTE, MERCI !
Je me retrouve donc dans ce box, pas tout à fait à mon avantage, pas tout à fait au mieux de ma forme non plus, sans même un drap pour me planquer (oui c’était un peu spartiate…). Je prends 2 secondes pour me regarder et là, je réalise… Je comprends ce qu’il va se passer. Je comprends aussi que c’est trop tard… (Petite musique de film d’horreur pour bien te faire sentir que ça va mal tourner).

Quelques minutes plus tard (pas le temps de fuir, donc), la porte s’ouvre. La nouvelle de la présence d’une licorne-situs-inversus s’est propagée : mon « box » devient un hall de gare dans lequel défilent médecins et étudiants.
Et j’accueille donc tout ce petit monde.
Quasi à poil…
Les jambes pas épilées.
EN CULOTTE WONDER WOMAN !

Elle te plaît pas, ma culotte ?!

Elle te plaît pas, ma culotte ?!

Message du labo qui a analysé ma prise de sang :

— On a retrouvé l’amour propre de la jeune fille dans une des éprouvettes.

*En vrai, les stats, c’est un peu n’importe quoi… C’est quelque part entre 1 sur 1 million et 1 sur 10 000 Il faudrait qu’on se compte un de ces quatre parce que là, ça ne fait pas sérieux… Mais en gros, on n’est pas nombreux.

Image : Nekoto – http://nekoto.tumblr.com/