Vous pensez encore que le football est un sport de garçon ?

Petite, je suis tellement fan d’Olive et Tom que quand je ne joue pas au ballon, je me passe le 45 tours du générique en boucle sur mon mange-disque. Mon père, qui joue, entraine et arbitre, m’emmène au stade avec lui tous les dimanches*. À la maison, je passe des heures dans le jardin. Je gagne 287 finales de Coupes du Monde en dribblant mon Yorkshire pour marquer le but de la victoire entre 2 buissons contre le mur en meulière des voisins.

Olive_et_Tom

Alors forcément, ça ne rate pas : arrive un moment où mon endurance de moule et moi, on finit par demander à s’inscrire dans un club. À cet époque, à l’école, je cours le 60m en plus ou moins 1/2 journée (oui, vous vous souvenez, on courrait le 60m. Pas le 50 m ou le 100 m. Le 60 m…!??), mais je m’en fous : je veux jouer au foot.

À la maison, pour le sport ou toute autre activité qu’on pourrait vouloir faire, la règle est simple :

— Tu fais ce que tu veux, mais tu fais quelque chose. Et surtout, tu finis ce que tu as commencé.

Ma maman a juste oublié de me lire l’astérisque au bout de la phrase :

— Sauf si c’est du foot. Le foot, c’est un sport de garçon.

J’espère que vous avez bien conscience de la dimension du drame qui se joue : je ne serai jamais Olivier Atton !! (Je ne serai pas Tom non plus d’ailleurs, mais ça je l’ai su assez tôt, rapport au fait que j’ai un peu peur que le ballon me fasse mal et que du coup, je suis du genre à me décaler pour le laisser filer dans le but)

Et puis un jour, à 15 ans, je découvre qu’il existe des filles arbitres officielles. PERSONNE NE M’AVAIT RIEN DIT AVANT ! J’annonce à tout le monde que je veux passer l’examen et, ô miracle, aucun refus (à dire vrai, je crois que maman est tellement persuadée que je n’irai pas au bout qu’elle ne juge pas utile de refuser).
Une fois par semaine je vais à Paris le soir après les cours pour apprendre PAR CŒUR le bouquin des règles. Et si vous pensiez que le hors jeu est le truc le plus compliqué qui puisse exister dans le sport, c’est que vous n’avez jamais eu à répondre à une question du genre :

— Un joueur tire dans la balle qui est déviée par un chien qui passait par là. Et au moment où le ballon entre dans le but, un 2e ballon atterri sur le terrain, rebondit sur vous et entre aussi dans le but. Y a-t-il but ?

Il faut croire que plus c’est tordu, plus ça me plaît : je finis 1ère  ex aequo de l’épreuve écrite**. Plus qu’à arbitrer un vrai match pour valider l’examen !
Je suis comme une dingue (et totalement flippée, soyons très clairs là dessus). Mon père m’emmène acheter maillot, short, crampons. MES CRAMPONS ! Des vrais ! Qui me vont bien (même si je n’ai pas de pénis. Fou !) Qui font « tics tics tics » quand tu marches les pieds en canard sur le carrelage du vestiaire. Bien entendu, la première nuit, je dors avec (vous avez demandé un cliché ? Ne quittez pas…)

Jour J.
J’enfile mon maillot officiellement pour la 1ere fois.
Je suis tellement stressée que je vais faire pipi. J’y retourne.
Je sors du vesti… non, je retourne faire pipi (toujours y aller 3 fois en période de stress).

Finalement, tout le monde est là : les 2 équipes (de garçons, pour ceux qui se posent la question. Je n’ai jamais arbitré de filles.), mon examinateur et mon père, qui veille au grain.
Tout se passe très bien à UN détail près (il paraît que le diable est dans les détails. C’est faux : il est dans celui-ci en particulier) : j’ai un vrai chronomètre. Un chrono de prof de sport. Un chrono AUTOUR DU COU ! Avec les boutons sur les côtés qui tapent contre moi quand je cours, forcément… Et ce qui devait arriver arrive : en pleine seconde mi-temps, je regarde le temps de jeu : 00:00. Le truc c’est remis à zéro tout seul. Tranquillement.

Et voilà comment je me retrouve, du haut de mes 16 ans, pour le 1er match de ma vie, seule au milieu de 22 mecs (qui ont tout de même un LEGER a priori sur le fait que ce soit une fille qui les arbitre) et plus aucun moyen de savoir si ça fait 10 minutes ou 3 semaines qu’ils jouent…
(Même dans « Olive et Tom », je n’ai jamais vu ça ! Il s’en passe des trucs pourtant, hein… Des mecs se font des catapultes avec leurs jambes, les goals s’envolent au fond des buts avec le ballon rapport à la puissance du tir, mais jamais, AAAAAHHH ÇA NON, JAMAIS LE CHRONO NE LES A TRAHIS !) Ma mère avait raison, j’aurais mieux fait de m’en tenir à Princesse Sarah : au pire, je me serais prise de passion pour faire le ménage et personne ne m’en aurait voulu de ne pas savoir chronométrer le temps que j’aurais mis à faire les vitres !

Princesse_Sarah

« Je me demande combien de jongles je pourrais faire avec cette pomme… »

Je regarde mon père qui est debout au bord du terrain. Je pense que mes yeux crient un truc du genre :

— Je suis tellement dans la merde ! Encore plus que si j’avais foutu un but moi-même en le faisant exprès ! (et au fait, je n’ai jamais couru autant de toute ma vie, je vais crever sur le terrain. Mais à la limite, vu les circonstances, ça va peut-être m’arranger ! Dis juste à maman que je l’aime !)

Il comprend le message, me fait signe qu’il sait où on en est et qu’il me préviendra (et que j’ai gagné le droit d’avoir une montre-chrono pour mon prochain match, si je survis à celui-ci).
Fin du match, tout va bien, j’ai mon diplôme et personne ne remarque la supercherie de Copperfield, père et fille.
On a évité l’humiliation d’un rien..!

Enfin… « évité », « évité »…
Jusqu’à ce que je sorte de la douche, que je constate un « PETIT » oubli… et que je sois obligée d’entrouvrir la porte de mon vestiaire, trempée, pour demander à mon père de me prêter sa veste de survêtement pour me sécher !!

 

CONCLUSIONS :

  • TOUT CECI NE SERAIT JAMAIS ARRIVÉ SI ON M’AVAIT LAISSÉ JOUER AU FOOTBALL POUR DEVENIR OLIVIER ATTON ET METTRE SA RACLÉE À MARC LANDERS !!! (Sauf peut-être l’oubli de serviette, ok… Mais ne parlons plus de cette histoire, c’est un peu gênant.)
  • Le football n’est pas un sport de garçon, c’est juste un sport… (Ceci dit, l’arbitrage aussi et c’est très chouette ! Si si, promis ! Du coup, au fond, je ne regrette pas vraiment… N’empêche que les sports de garçon, ça n’existe pas !)
  • Les chronomètres-colliers devraient être interdits à la vente.

 

REMERCIEMENTS :
Je tiens à remercier mon papa, sans qui 22 joueurs et moi-même serions probablement encore en train de courir sur le terrain… ❤

 

 

 

*et donc oui, comme tous les fans d’Olive et Tom, j’ai découvert avec stupeur que 1/ en se plaçant dans un but, on voit celui d’en face (le terrain n’est pas une colline) et 2/ un match se joue en moins de 5 jours
** je n’en suis pas peu fière étant donné que pendant les examens blancs (qui avaient lieu à chaque cours ou presque), on m’a d’abord accusée de tricher en copiant sur mon voisin, puis de tricher par transmission de pensées avec ce même garçon (qui n’était donc plus mon voisin vu qu’on nous avait changé de place, un peu comme en CP…)

Les plus grands humoristes ont démarré sur la ligne 9

Nouveau trajet de métro sur la ligne 9 en compagnie de 2 trentenaires adeptes du « Parlons très fort de nos vies et de nos collègues, cela intéresse forcément le reste de la rame : nous sommes si passionnants ».
Morceau choisi :

LUI : Tu te souviens des nanas qui étaient dans le bureau au fond du couloir dans l’autre agence ?
ELLE : Lesquelles ?
LUI : Tu sais bien, il y avait des chefs de projets, la compta, enfin des commerciales quoi. Pas terribles en plus…
ELLE : Ah oui !
LUI : Et bien on les appelait « les molaires » ! C’est génial, non ?!
ELLE : Les molaires ??
LUI : Mais oui ! Les molaires : les grosses du fond ! hahahahaHAHAHA !!
ELLE : HAHAHAHA !!!

J’aurais aimé vous raconter la suite mais je me suis jetée par la fenêtre.

Humoriste_ligne-9

(Je suis cachée sous le métro, j’attends que ces gens repartent. LOIN !)

J’aurais tellement (pas) pu être Buffy !

Année de Première
Echange inter-lycée pour 3 semaines avec NCHS (Naperville Central High School) – Banlieue de Chicago
Autant vous dire que l’excitation est à son comble !

Ma famille d’accueil est adorable (pour de vrai).
Le premier jour, on fait connaissance, on cale 2/3 trucs :

  • Ma correspondante, persuadée que le micro-ondes n’existe pas en France, m’explique le principe du réchauffage de la nourriture devant son père qui contient son fou-rire en me voyant écouter poliment
  • La maman me fait un café. Tellement léger que j’ai du mal à le boire. Elle re tente en forçant un peu, histoire d’avoir le bon dosage pour le petit déjeuner. C’est toujours pas ça. À la 3e tentative, plus personne ne peut le boire…et bien entendu, je ne vois pas la différence avec la première version donc on laisse tomber (mais ils me prennent pour une warrior du café et j’entretiens ainsi l’image des Français à ce sujet)
  • La petite soeur de ma correspondante me laisse sa chambre au 1er étage et s’installe dans celle de son frère pour que j’ai un endroit à moi pendant le séjour. (Tellement chou ! Merci !)
  • Oui, j’aime beaucoup la junk food mais pas tout le temps. Du coup, le GRAND placard rempli de gâteaux et bonbons en tous genres, c’est adorable mais un peu trop pour moi. Ils m’achètent donc très gentiment de la salade… et de la « Moutarde parisienne de Dijon » pour faire ma vinaigrette. ❤
  • Oui, je suis Urgences en France (sauf que j’ai 25 saisons de retard), donc on pourra regarder tous ensemble LE super épisode que tout le monde attend et dans lequel le Dr Carter et Lucy Knight se font agresser (dit comme ça, ça fait un peu morbide mais rappelez-vous à quel point on l’attendait, cet épisode !)

Les bases sont posées : j’aime beaucoup ces gens, je suis plus que bien reçue et je me sens tout de suite chez moi.

La 3e ou 4e nuit, à 5-6h du matin, j’entends du bruit venant du sous-sol. Forcément, je me demande ce que c’est… Je m’inquiète un peu aussi. Est-ce que l’un d’entre eux a un problème ? Est-ce que quelqu’un tente d’entrer ?? Je me lève et j’ouvre la porte de ma chambre en espérant un peu que le bruit aie réveillé quelqu’un d’autre que moi. Bien entendu, comme dans toute scène flippante qui se respecte, NON.
Ce serait vraiment chez moi, je n’aurais pas super envie de laisser un cambrioleur entrer ou qu’il arrive un truc à ma famille donc j’irais voir (en poussant des cris de veau pour réveiller tout le monde et faire peur aux assaillants parce que je flipperais comme jamais, sauf que là, bien entendu, je n’ose pas trop…).
Je fais donc ce que toute personne sensée ferait à ma place dans un pays où les armes sont en vente libre : je descends toute seule, en pyjama et pieds nus* pour voir qui essaie d’entrer dans « ma » maison. BAH TIENS !

Au rez-de-chaussée, le bruit se précise. Ça vient clairement du sous-sol. Quelque chose frappe fort. Pour enfoncer la porte ?? J’ai peur d’aller voir… mais j’ai encore plus peur de remonter dans ma chambre sans rien dire et qu’un mec vienne m’abattre sous ma couette (on remerciera bien les scénaristes de tous les Rick Hunter, NewYork Police Judiciaire, Walker Texas Ranger & co pour avoir fait naître ces idées très très sensées dans mon crâne de piaf à cet instant précis)
Je fais un détour par la cheminée pour m’armer d’un tisonnier (parce que c’est bien connu : une barre de fer, c’est ce qu’il y a de plus efficace face à un flingue… mais bon, dans Buffy ça marche, alors…) et je décide de descendre**.

Buffy

Moi (à 2/3 détails près)

Sur l’un des 2 côtés de l’escalier, la paroi s’arrête au niveau du sol du rez-de-chaussée. Puis, cela devient ajouré, avec une rambarde pour se tenir. En gros, ça veut dire que quand vous descendez (et donc, quand je descends cette nuit là, de fait) si une personne se trouve en bas, elle voit apparaitre vos pieds, puis vos jambes, etc… Vous en revanche, vous ne la découvrez qu’après avoir presque tout descendu…. CHOUETTE ALORS !!!

J’y vais discrètement mais après 3 ou 4 marches, les coups cessent. OH MY GOD, JE SUIS DÉCOUVERTE !
GROSSE PANIQUE ! Quitte à être repérée, je descends l’escalier presque en courant en levant le tisonnier au cas où j’ai besoin de frapper et….
Je tombe sur Pat, le père de ma famille d’accueil, en short, tee shirt et gants de boxe, tout transpirant, debout à côté de son sac de sable…. qui me regarde avec des yeux de poisson, puis éclate de rire en nous voyant, ma tête de flippette, mon pyjama, mon tisonnier et moi.
Entre 2 gloussements, il arrive quand même à articuler :

 

— Caro…?? What are you doing ?
— … Defendind the house….?
— Ah ? Ha Ha Hahaha Sorry…. hahahahHAHAHAHAHAHAH !!!!!!!!

Si vous passez par Naperville et qu’en vous promenant dans la rue, vous entendez de drôles de bruits venant d’un pavillon, pas de panique : c’est Pat. Il est encore là-bas, à rire aux larmes.

 

 
* Le fait que je n’ai pas de chaussons n’a aucun intérêt dans cette histoire. Je le précise uniquement pour que vous preniez bien conscience de ma vulnérabilité à cet instant.
** N’y voyez pas là un acte de courage. Je préfère juste savoir ce qu’il en est plutôt que de rester dans l’inconnu. Chez mes parents déjà, quand j’étais toute seule et que j’entendais des trucs bizarres, il m’arrivait très régulièrement d’ouvrir d’un coup sec la porte donnant dans le garage en hurlant : « C’est bon, sortez de là maintenant, je vous ai entendu ! » (sauf que j’aurais été bien emmerdée si quelqu’un était effectivement sorti…)

Il y a ceux qui se font marcher sur les pieds… et il y a moi (une cascade Rémy Julienne)

J’attends sagement mes copines sur le trottoir devant le bar à vin où nous avons rendez-vous.
Histoire de me donner une contenance et de ne pas totalement encombrer le petit trottoir, je m’appuie sur une bite (si vous saviez le temps que j’ai passé à chercher un autre mot que celui-ci… mais aucun n’est aussi « clair »…) et je sors mon téléphone. À côté de moi, arrêté dans la rue, un chauffeur attend son client au volant d’une grosse berline noire. Sauf qu’il n’y a pas que le trottoir qui est petit dans le coin. Et forcément, quand le bus arrive, ça ne passe pas.
Le chauffeur manœuvre rapidement pour monter sur le trottoir un peu devant moi puis recule pour se mettre bien droit.
Il recule. Recule. Recule encore.

Les yeux toujours rivés sur mon téléphone (oui oui, je suis toujours confortablement installée sur la même.. Enfin, je n’ai pas bougé, quoi), je vois le coffre de la voiture entrer dans mon champ de vision. Le mec est complètement en train de me reculer dessus. Très TRÈS lentement, mais très TRÈS sûrement aussi.

– Ne sois pas totalement débile et décale-toi, me dis-je.

Note pour plus tard : ne rien me dire du tout et me bouger le c** un peu plus vite que ça !
IMPOSSIBLE de dégager mon pied droit.
Je baisse les yeux : la roue arrière mord à peine l’avant de ma Converse. Juste assez pour que je ne puisse pas me libérer, même en tirant de toutes mes forces. Et voiture recule. Recule. Recule encore. Leeeeentement. Pour que j’ai bieeeeeen le temps de prendre conscience de ce qui est en train de se passer.
Je frappe à la fenêtre arrière pour que le mec s’arrête… mais il continue.
À cet instant, je regrette :

  • de chausser du 43 (à 5mm près, je m’en sortais dignement…)
  • les baskets à scratch de mes 5 ans (Je ne sais pas si vous avez déjà essayé de retirer des Converses montantes dans l’urgence. Moi oui. Et à part se couper le pied – ce qui est déjà plus ou moins en train de se produire – ce n’est pas humainement possible…).

Forcément, je panique UN PEU et frappe la vitre de plus en plus fort. Voire même très fort.
Et clairement, au moment où la roue monte sur mes orteils, j’y vais à coups de poings, hystérique. Possédée !
Le mec sort ENFIN et se jette sur moi, fou de rage :

– Vous êtes malade ?!
– Vous êtes sur mon pied !!!
– Oh putain ! Oh putain ! OH PUTAIN !

Reconstitution_voiture

Image de reconstitution

Saut de Yamakasi par la portière et démarrage façon grille de départ de Grand Prix de Monaco.
Le mec revient rapidement s’enquérir de mon état :

– Je suis désolé, je ne vous avais pas vu ! Ça va votre pied ?!
– Oui oui, ne vous inquiétez pas (C’est vrai, à ce moment-là, je n’ai plus mal : je n’ai plus de pied)
– Vous avez de quoi noter ? Je vous donne mon nom et mon numéro. S’il y a quoi que ce soit, je suis assuré, n’hésitez pas. Donc mon nom c’est Gravier. Comme un petit caillou.
– Petit ? C’est vous qui le dites…

Conconclusion :
Il vaut mieux avoir un caillou dans sa chaussure qu’un gravier dessus…

Photoma-thon

Ma tête du vendredi, mon épi dans les sourcils, mes cernes de panda et moi, on vient d’aller faire des photos d’identité pour mon nouveau passeport.
ELLES SONT VRAIMENT RÉUSSIES, JE SUIS SI CONTENTE D’EN PROFITER PENDANT 10 ANS !!

Quasimodo

Petit message à destination du mec qui a instauré les nouvelles règles pour ces photos :

  1. Expression neutre + ne pas sourire = faire la gueule ( + par -, ça fait MOINS. C’est au programme de 4ème…)
  2. Je suis très heureuse de me dire que désormais, chaque personne qui regardera mon passeport pourra me soupçonner d’avoir fait de la prison

Franchement, vous ne croyez pas que la vie serait un peu plus fun si on avait le droit de s’exprimer, nous et nos cheveux ?!
En ce qui me concerne, j’aurais donc eu la tête de Quasimodo MAIS avec les cheveux de Rayponce…

Quasimodo_princesse

Quasimoponce

Crédit photo : AmbrMerlinus

Les médecins devraient regarder des séries TV plus souvent

Un jour, un médecin a décidé qu’il fallait que je passe une échographie du cœur. « Au cas où ! »
Vous lisez un peu le blog. Vous savez donc aussi bien que moi qu’il est surtout surexcité à l’idée d’ajouter une version « inversée » de cet examen à sa collection…. (souvenez-vous : pour les médecins, je suis un peu une licorne)
(Je pense très sérieusement que je suis à l’origine de 70% du trou de la sécu).

Me voilà donc assise face à une cardiologue apparemment expérimentée (comprendre : à 15 jours de la retraite. Et comme tout le monde le sait depuis « L’arme fatale », ça porte un peu la poisse…).

– Expliquez-moi ce qui vous amène.
– (J’aimerais tellement que l’autre médecin soit là pour répondre « Je suis là au cas où… », histoire de voir que NON ce n’est pas une réponse acceptable !) Heu… Je…. Comme j’ai un situs inversus complet je…
– Vous avez quoi, pardon ?
– Un situs inversus. Complet.
– Ah d’accord
– (Cool, elle connait. C’est pas souvent.)
– C’est quoi, exactement ?
– (Raté.) J’ai tous les organes inversés comme dans un miroir. Cœur à droite, etc…
– …
– …
– …
– (c’est long, hein…). Madame…?
– …
– Madame ? Madame ? Ca va ? (Oui oui, je suis allée jusqu’à passer ma main devant son visage, comme dans les films, pour tenter de rétablir le contact. Je peux confirmer : ça fonctionne.)
– Oui oui pardon !! C’est juste que.. On n’en voit pas souvent. Je réfléchissais à comment déménager mes meubles.
– Ah. HEIN ??
– Oui, pour tout inverser dans le cabinet, que ce soit plus facile !
– (Oh putain….)
– On ne va pas pouvoir faire ça aujourd’hui, vous vous doutez bien. Vous pouvez revenir demain après déjeuner ? On dit 14h ?
– Heu… D’accord

ROUND 2
Le lendemain, j’arrive à 13h30. La porte du cabinet s’ouvre et je la vois sortir et refermer à clé derrière elle. Elle sent qu’il y a quelqu’un dans la salle d’attente mais ne voit pas bien qui c’est.

– Excusez-moi, je pense que vous êtes un peu en avance. Je vais déjeuner, je reviens.
– Oui, bien sûr, je vous en prie.
– (prise de conscience instantanée) Ah c’est vous !…. Vous savez quoi, on va commencer tout de suite. AU CAS OÙ !
– (c’est marrant, il y a des « au cas où » qui ont un peu plus de sens que d’autres…)

J’entre.
Surprise : tous les meubles sont à leur place. Je m’installe et elle commence l’examen. D’une main, elle balade la sonde et de l’autre, quand elle trouve ce qu’elle cherche, elle appuie sur sa machine pour prendre des photos (SI elle trouve, donc…).
Du coup au début, elle n’appuie pas trop. Pas du tout en fait….
Le temps passe… Je m’ennuie un peu… Alors je vais aux nouvelles…

– Tout se passe bien ?
– Oui Oui. Enfin… C’est compliqué. Déjà, c’est tout mélangé mais en plus, je suis gauchère et ça m’oblige à travailler de la main droite !

Je vais mourir ici je pense. Adieu !

Après un moment, elle commence (enfin) à trouver et à prendre des photos. Sauf qu’elle est tellement fière qu’elle pousse presque des petits cris de joie.
Je commence à sourire. Puis à rire. Franchement.

– Arrêtez de rire !! Vous me faites bouger ! Et en plus je ne trouve pas « tel truc » (me souviens plus du truc en question, désolée)
– Peut-être que je n’en ai pas !!
– Arrêtez, c’est pas drôle !!
– Oui, pardon (les premières larmes de rire coulent sur mes joues)
– Je vais mettre les 2 mains, j’y arriverai mieux

Et voilà qu’elle se cramponnent à sa sonde jusqu’au moment où elle HURLE littéralement :

– Ca y est !!! ELLE EST LÀ !! Je l’ai ! JE L’AI !!! …..
– Cool !
– Mais on a un problème !!
– Merde (en plus, comme je ne suis pas trop hypocondriaque, c’est bien, je suis rassurée…)
– Comme j’ai les 2 mains prises, je ne peux pas prendre la photo.  ET JE VOUS INTERDIS DE RIRE ! ARRÊTEZ, BON SANG, ÇA ME FAIT BOUGER, ON VA LA PERDRE !!

Et alors que je me retiens tout ce que je peux (et que je pleure des hectolitres de larmes), je la vois lâcher une main en regardant alternativement la sonde, puis son écran, puis la sonde puis son écran.
Aucun geste brusque. Elle fait des mouvements lents. Très lents. TELLEMENT LENTS, PUT*** ! Elle serait en train de désamorcer une bombe qu’elle ne s’y prendrait pas autrement !
Et ENFIN, elle tend le bras et elle prend sa photo pour conclure :

– Bon… Très franchement, on n’y voit rien mais moi je sais que tout va bien. C’est tout ce qui compte. Vous me direz à votre médecin.
– Oui oui, bien sûr (et puis si ça se trouve, il voudra me le faire refaire…. AU CAS OÙ !)

(Quand je pense que dans l’épisode d’Urgences avec un situs inversus complet, il leur a suffi de coller un miroir au plafond pour résoudre ce « petit détail » et enchaîner, comme d’hab, sur « NFS, chimie, iono et l’emmener en réa » …. Les vrais médecins devraient regarder des séries TV plus souvent !)

Urgences_s01

VOILÀ des gens en qui on peut avoir confiance !

BONUS
OUI, j’ai eu à refaire un examen avec un cardiologue quelques années plus tard. Toujours « au cas où, bien entendu (sauf que quand je dis non au médecin, il me sort l’excuse de « non mais il FAUT le faire, sinon ça peut être grave ! » Alors bon, je le fais)
Pendant qu’il fait ses branchements et qu’il me colle les patches, etc…,  je lui raconte cette histoire. Il plaisante avec moi et en vient à me dire :

– Vous avez dû tomber sur quelqu’un d’un peu… dépassé. Ca va c’est quand même pas si compliqué, il suffit de faire un peu attention.
– Surement, oui…
– (Il met sa machine en marche) Bah… Qu’est-ce qui se passe ? Elle ne m’a jamais fait ça…
– Un problème ?
– Oui, c’est bizarre, ça ne fonctionne pas.
– Vous avez pensé à inverser vos branchement ? Sur moi, je veux dire….
– Merde…

Comment j’ai rencontré Marc Levy (et comment j’aimerais qu’il ne s’en souvienne pas trop !)

Vendredi soir.
Fête de fin de tournage de Julie Lescaut (OUI, j’ai fait un stage sur le tournage de Lescaut et c’était TRÈS chouette !).
On parle de la suite, mais surtout du lendemain : l’équipe va bosser 2 jours de plus pour le tournage d’un court métrage pour Amnesty International. Réalisateur : Marc Levy.
J’ai déjà entendu parler de lui mais je n’ai encore jamais rien lu. Oooohhhh je vous entends vous insurger mais ON SE CALME ! On est en 2003 et il n’a sorti que 2 ou 3 livres. C’est pas comme si j’étais passée à côté de Oui-Oui non plus !
De toutes façons, j’ai à peine une demi nuit devant moi pour me mettre à jour. Autant oublier.
Que je connaisse ou pas le monsieur, peu importe : c’est un beau projet et comme on me propose gentiment de me joindre à l’équipe, j’y vais !

Samedi matin (j’hésite à mettre « samedi nuit » tellement il est tôt).
– 457°C au soleil (et on a voulu nous le cacher, mais je suis certaine que c’est tombé à – 600°C à un moment).
J’arrive dans un parc à côté de Paris. Je rappelle qu’on sort de quelques semaines de Julie Lescaut et qu’on a fêté ça quelques heures plus tôt. Pas la gueule de bois…  mais pas réveillée pour autant.
Une grosse partie de l’équipe est déjà là. Je vais les rejoindre : continuer les conversations de la veille et plaisanter avec eux va me remettre en forme.
Je me joins au groupe en train de discuter et comme je suis très fine (mais souriante) au saut du lit :

« Bonjour 🙂 Bon alors, concrètement, il ressemble à quoi ce Marc Levy ?! »

BIEN ENTENDU, le mec devant moi se retourne, contient un rire, fait un geste de la main pour se présenter de la tête aux pieds et me répond :

« Concrètement ? À ça. Plus ou moins. »

(Quand je pense que 5h plus tôt, mon plus gros souci était que je trouvais dommage de le rencontrer sans avoir jamais lu une ligne de lui…)

Après ça, j’ai creusé un trou bien profond et je me suis jetée dedans je suis allée donner un coup de main pour vider le camion régie. Et j’ai pété la cafetière. À 7h du matin. Dans un parc où aucun Darty n’a jamais eu l’idée de s’implanter. (merci les mecs) C’est à peu près à ce moment-là qu’on est descendu à  – 600°C, je crois.
UNE BIEN BELLE JOURNÉE !

Marc, si un jour on se recroise et que tu as l’impression qu’on s’est déjà vus… je nierai tout en bloc et mon gouvernement lui-même niera l’existence de ce week-end !

PS : au final, la honte ne m’a pas tuée, on a trouvé une autre cafetière, le tournage s’est très bien passé (aussi un peu parce que je ne me suis pas approchée de la nouvelle cafetière), Marc Levy est charmant (même quand on foire son entrée en matière) et le court-métrage était bien. Et si vous voulez un peu plus d’infos dessus  même si ça date, c’est par ici : http://marclevy.e-monsite.com/pages/content/la-lettre-de-nabila.html

J’aimerais l’avis de Françoise Dolto

La_Turballe

Colonie de vacances.
Balade sur la plage de La Turballe avec les enfants.
Olivia, 7 ans, ramasse un coquillage et m’explique alors très sérieusement :

– Un jour, j’en ai trouvé un avec une semoule dedans !
– ? ?
– À non, pardon ! C’était une crevette. Je confonds tout le temps !

Crevette_semoule

Les enfants sont formidables

 

Photo : Visorando

Laisse pas traîner ton chien

Un après-midi ensoleillé chez mes parents, dans un pavillon de banlieue parisienne.
Le voisin sonne à la porte et tombe sur ma mère :

Est-ce que ton chien est-là ?

Je ne sais pas comment ça se passez chez vous, mais de notre côté, il n’est pas super fréquent que le chien invite du monde à la maison sans nous prévenir. Du coup ça l’interpelle.

Oui, je pense que oui. Pourquoi ?
Parce que je viens de voir une voiture, une Logan, se garer devant chez toi, attraper un chien qui ressemble au tien et repartir avec.

Après une fouille express de la maison et du jardin, c’est officiel : ON VIENT DE KIDNAPPER LE CHIEN !
(Rendez-nous le chien ! Champomy d’abord !)

Furieuse, ma mère se jette dans sa voiture et démarre comme je l’ai rarement vue le faire. Je ne serais pas totalement étonnée d’apprendre que c’est comme ça qu’est née la franchise « FAST and FURIOUS » (c’est fou hein, ces films avec des mecs musclés et des grosses bagnoles qui viennent en fait du kidnapping d’un Yorkshire par 2 débiles en Logan).

Magie_cinema

La magie du cinéma

Par chance, vers chez nous, une seule famille roule en Logan (ce qui rend donc le truc à peu près aussi discret qu’un Hummer dans un village Playmobil), et on passe devant chez eux tous les jours pour aller bosser. Autant vous dire que 17 secondes plus tard, ma mère sonne chez eux pour la 5ème fois, prête à libérer l’otage par la force s’il le faut.
À l’ouverture de la porte, pas un « bonjour » des kidnappeurs, ni même un « c’est à quel sujet ? ». Juste un stoïque :

– C’est pour le chien ?
– À votre avis ?
– On pensait qu’il était perdu…
– Dans mon jardin ?! Rendez-le moi !

Ma mère, cette négociatrice née.
(Never mess with mum. N.E.V.E.R.)

5 minutes plus tard, le chien est de retour dans le jardin, concentré sur son activité préférée : tenter de prendre dans sa gueule un ballon de foot qui fait 2 fois sa taille… (Le tout en guettant qu’aucun chat n’est dans le coin, parce que ça fait un peu peur, les chats…)

Conclusion :
Message aux producteurs de Beethoven : je suis prête à négocier les droits de cette histoire à condition que mon chien ne soit pas joué par un Saint-Bernard qui bave des litres (et que le film passe sous silence la scène avec le ballon de foot : c’est un peu humiliant)