Road trip en Grèce étape 3 : gérer la dépression nerveuse du GPS (qui, pour mémoire, s’appelle Jean-Jacques)

Petite-aventure-Mycenes

Parce que la location de la voiture et la conduite, ce n’est RIEN à côté du combo montagnes/GPS

On en est donc à cette fameuse journée…
On a la voiture, on commence à s’habituer à la conduite. On peut donc partir à l’aventure ! (c’est rien de le dire…)
Au programme : petite randonnée en forêt pour remonter des cascades et aller se baigner dans de sublimes piscines naturelles, puis détente sur une plage tout aussi magnifique.
1er défi : trouver la forêt qui, comme le dit si bien le guide de la région, est « célèbre mais méconnue » (pour vous non plus, c’est pas hyper clair ?). On trouve le village voisin assez facilement mais pour l’accès à la forêt, c’est pas la même limonade ! Pour vous donner une petite idée, les indications des guides de la région sont du genre « Prendre le 2ème chemin sur votre droite quand vous arrivez du sud après l’entrée dans le village. Si vous arrivez du nord, c’est moins facile… » Ah. Ok.) Heureusement, M., ma co-pilote a la bonne idée de se retourner pendant qu’on roule « au cas où » et devine, sur un petit panneau presque invisible depuis la route, le nom de l’endroit où nous allons : Polilimnio. (En fait, « célèbre mais méconnue », ça veut juste dire que tout le monde en entend parler mais que peu de gens arrivent à trouver le chemin…) Voilà donc comment on se retrouve à s’enquiller, avec la C3 de location quasi neuve, sur une sorte de chemin de terre qui redescend la montagne (je n’avais pas précisé qu’on l’avait montée vu que tous les trajets consistent à ça : monter et descendre des montages). On roule un moment, toujours sur des chemins bien plus adaptés aux bouquetins qu’aux voitures mais on arrive enfin à destination ! Et honnêtement, ce qu’on découvre après 30 minutes de marche en forêt en vaut la peine :

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C’est donc des étoiles plein les yeux qu’on reprend le volant pour se rendre à la plage. Juste le temps de se retaper quelques chemins de terre et dès qu’on sera de retour sur la route (la vraie, je veux dire), ça ira tout seul. Au 1er embranchement, le GPS est formel : il faut prendre à droite. OK Jean-Jacques, on te suit ! L’erreur….
Apparemment, on n’a plus qu’un chemin à remonter pour retrouver le bitume. Sauf que le chemin en question est plutôt très accidenté. Limite labouré en fait. Et plus j’avance, moins je me souviens l’avoir emprunté à l’aller. Mais bon, je cherchais la forêt des yeux, j’étais impatiente et donc probablement pas assez attentive. On s’engage donc dans la montée. Les pneus crissent, glissent… et ce qui devaient arriver arrive : à mi chemin, ça tourne dans le vide. Plus moyen d’avancer ou de reculer. Ooooh je vous vois faire des blagues salaces ! Moi même, je rigolerais bien avec vous si je n’avais pas envie de pleurer : on est coincées au milieu de nulle part, ensablées, sous un soleil de malade mental, quasi persuadée que non seulement il va nous falloir une dépanneuse pour sortir de là, mais qu’en plus on ne reverra JAMAIS la caution de la bagnole…
Prenons les problèmes dans l’ordre : décoinçons la voiture ! Dans tous les films, quand ça arrive, les gens trouvent une planche à caler sous leur roue et ça repart tout seul. Logiquement, nous cherchons donc… Une planche. Au milieu de la pampa… Bon, rapidement on comprend que c’est peine perdue mais M. trouve quand même une sorte de caillou plat et un peu long. Presque une planche mais en caillou ! Un caillou-plache, quoi. Ok, tentons ! On l’enfonce sous la roue (à coups de pieds désespérés), je démarre et j’accélère. La mauvaise nouvelle c’est que ça ne suffit pas et qu’en plus, l’arrière de la voiture se met à déraper et glisser dangereusement…
Je vous ai dit qu’on est au bord d’un fossé ? Non ? Ah, bah on est au bord d’un fossé. Sans barrière de sécurité. Rien. Que dalle. Et je vous ai dit que j’avais le vertige ? Non ? Bon bah j’ai le vertige. Du coup, à l’instant T, j’ai chaud, peur ET envie de vomir. ELLE EST PAS BELLE, LA VIE ?!
La bonne nouvelle c’est que finalement, la glissade fait grimper la roue sur le caillou-planche et qu’on n’est plus coincées !
Maintenant il faut « juste » sortir de là. Et vu qu’il et hors de question de tenter de monter, on n’a plus qu’une option : la marche arrière. J’avais chaud : je me liquéfie (mais je ne vomis pas. Je n’ai pas tout perdu.). M. sort pour me guider et virer les grosses pierres du chemin histoire d’éviter d’arracher le dessous de la voiture. En réalité, la pente est tellement raide que je glisse plus que je ne recule. La trajectoire dévie sans cesse et plus ça va, plus je me rapproche du bord. Petit à petit, calmement (et très très lentement), on parvient à se sortir de là et à retrouver notre chemin. (Je vous l’ai fait courte mais en vrai, on a bien mis un quart d’heure à descendre 10 mètres, je pense avoir sué plus d’eau que mon corps ne pourra jamais en contenir et, de ma vie, jamais je n’ai été aussi heureuse de voir du bitume.)

Direction la plage pour nous remettre de nos émotions. Et bien sur, ça implique une fois de plus de passer par les lacets de montagnes (si on m’avait dit que je partais pour 10 jours à Tignes, j’y aurais réfléchi à 2 fois avant d’opter pour la formule road trip !). Et quand je dis « lacets de montagnes », je ne plaisante pas (ok, c’est flou, mais je vous mets au défi de prendre une photo bien net avec l’état de la route) :

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Les virages et le vertige me collent toujours un peu la gerbe mais la route est goudronnée : je n’en demande pas plus. À part peut-être au moment où on se retrouve nez à nez avec… DEUX camping cars ! Parce que non seulement, ça ne passe pas vraiment mais en plus, il y a tellement de voitures derrière moi que je ne peux pas reculer (et puis de toutes façons, les marches arrières dans les lacets de montagne au bord du précipice, sans barrières de sécurité, alors que les gens roulent à 80 km/h, c’est NON !) Sans déconner, les mecs… Des camping cars ?! Et pourquoi pas des monster trucks ! Me voilà donc partie à coller le plus possible cette pauvre petite Citroën C3 à la paroi, à tel point que ma roue avant commence presque à la grimper… Y’a plus qu’à espérer que ça suffise… Et à 2mm près, ça passe (PAS. Ça passe PAS. Le rétro tape. Mais bon, au final, on s’en sort sans que personne ne tombe dans le ravin…).
On est récompensées en découvrant un endroit sauvage, incroyablement beau et pas surpeuplé (probablement parce que les gens sont encore coincés par les camping cars dans la montagne).

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On repart de là des images plein la tête, reposées et détendues pour aborder le trajet du retour qui démarre, sans grande surprise, par… des routes de montagnes !
Alors qu’on traverse un petit village, on croise, sous vos applaudissements, mesdames et messieurs : un car ! Le genre grand format, 54 places. Mais cette fois, pas de stress : la route est bien plus large qu’avec les camping cars et personne ne risque de tomber dans le vide. Je me range quand même sur le côté pour le laisser passer (c’est pas non plus les Champs Elysées). Sûr de lui, le mec ne ralentit pas d’un poil et s’engage. Heureusement que ça passe… PAAAAAAAAAS !!!! Hurlement dans la voiture ! Clairement, Michel a fait une fausse manip’ en prenant son virage et il est sur le point d’écraser la voiture et nous avec ! Je ne sais pas s’il nous entend beugler comme des désespérées ou si juste, il réalise qu’il s’y est pris comme un manche mais il pile juste avant de tout éclater, nous laissant ainsi le temps d’avancer et de dégager la voiture… (Je vais faire une attaque avant la fin de la journée, c’est pas possible autrement..!)

Tout ce que je veux, maintenant, c’est sortir de la montagne avant la nuit. La bonne nouvelle c’est que, si j’en crois ce que nous montre Jean-Jacques, on rejoint bientôt une route plus importante. Et effectivement, en arrivant au niveau de ladite route, je ne peux que constater qu’elle est plus grosse… Plus grosse et PAS TERMINÉE ! Y’a donc un mec qui, au moment de faire les cartes pour le GPS, s’est dit :

  • Tiens, un chemin de terre pourri dans lequel même mon grand-père ne s’aventurerait pas avec son tracteur 4×4 ! Je vais l’ajouter, ça peut être marrant. PITTORESQUE, MÊME !
  • Oh ! Et ils ont prévu de faire une grande route ici !? Je vais l’ajouter tout de suite, comme ça, ça serait fait pour quand elle sera en service. J’anticipe, moi, voyez-vous !

Sérieusement, mec, entre les 40 panneaux « sens interdit » et les pelleteuses, à quel moment tu t’es dit que t’allais envoyer des gens là-bas ?! On est en VACANCES ! On n’a pas signé pour le Paris-Dakar !

Mon Jean-Jacques, sur ce coup-là, c’est pas complètement de ta faute mais tu n’as plus qu’à nous calculer un nouvel itinéraire. On s’éloigne un peu, on tourne à gauche, à droite, etc… Et après quelques minutes, nous revoilà devant la route en construction ! Heu… Là, part contre, JJ, c’est pas hyper drôle… On tente donc d’aller vraiment plus loin. Sauf qu’en dehors des routes qui mènent à celle qui est en travaux, nous n’avons le choix qu’entre revenir sur nos pas (le classique « faites demi-tour dès que possible ») ou prendre des chemins de terre, plus ou moins praticables. Et qu’est-ce qu’on a dit sur les chemins en montagne (surtout quand il va faire nuit) ? C’est NON.
Nous voilà donc reparties à traverser le même village pour la 3e fois en 20 minutes, avec un Jean-Jacques qui a visiblement un coup de chaud et s’obstine à nous ramener vers cette fucking route pas finie (que je suis à 2 doigts de prendre quand même tellement je suis à bout. Parce que franchement, quitte à devoir prendre un chemin défoncé, hein…) Cette fois, on s’arrête pour demander notre chemin. Un monsieur très sympathique nous répond :

— Hello we’re trying to go to Kalamata
— Oh yes ! Easy ! Very Easy ! (Et hop ! Il enchaine sur un flot d’explications en grec)
— I’m sorry I don’t speak Greek…
— Ah ok ! Easy ! Very Easy ! (Et hop, re tout en grec)

Je ne sais pas si vous imaginez le niveau de frustration à cet instant précis… On remercie le monsieur et on s’éloigne, dépitées, en décidant finalement de prendre le chemin de terre le moins pourri qui s’offrira à nous. Par chance, il finit par se transformer en petite route et nous mène droit à la route principale juste avant la tombée de la nuit. 2e fois de la journée que j’ai envie de rouler une pelle au bitume. Nerveusement, je suis aussi sereine que Balkany pendant une interview du Petit Journal. Tout va bien. Merci Jean-Jacques…

Sachez que JJ finira le séjour par une petite dépression nerveuse en mélangeant Athènes et une des villes de sa banlieue. Il nous mènera ainsi droit vers la bonne rue… mais pas dans la bonne ville. Et bien entendu…. En haut d’une putain de montagne ! (En vrai c’était hyper beau mais on n’avait rien à faire là et ce sublime créneau réussi du 1er coup dans une pente à 45° n’a servi à rien !)

En conclusion, faire un roadtrip en Grèce en Citroen C3 revient à peu près à tenter l’ascension de l’Everest claquettes Fila. Et sans GPS, c’est même pas la peine d’y penser (avec, c’est un peu l’aventure aussi, mais on se marre quand même pas mal). Mais sinon, en vrai, ça vaut le coup !

Petite-aventure-Everest-claquettes-Fila

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4 réflexions sur “Road trip en Grèce étape 3 : gérer la dépression nerveuse du GPS (qui, pour mémoire, s’appelle Jean-Jacques)

  1. oh mon dieu mais je n’arive pas à croire qu’il t’arrive VRAIMENT tout ca tout le temps !! mdr !!!
    en tout cas : 1. ca ne donne pas envie de louer une voiture en grèce et 2. tout les bénéfices de la plage, et de la cascade disparus en qq secondes !!
    (mais c’est magnifique !! )

  2. Bonjour
    Sympa vos aventures!
    J’aimerais aller visiter cette superbe plagr mais jr ne ctois pas vous avez cité son nom ou comment y aller, pourrais je avoir des précisions ?
    Merci

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