Tous à poil !

6h30
Ce matin-là, il fait encore complètement nuit quand je marche vers la gare pour aller à la fac. La plupart des maisons sont encore plongées dans le noir et il n’y a personne dans les rues (tu m’étonnes…). Comme le dirait ce grand philosophe qu’est Corneille : « Y’a rien à faire j’suis seule au monde ! » .
Du coup, quand je vois une voiture faire le tour du rond point un peu plus loin et s’engager dans ma rue, je suis presque contente : je ne ne suis pas la seule personne de cette ville à me lever avec les poules !
Heu… Attendez…. Je suis seule. Il fait nuit noire. Une voiture se dirige vers moi et je suis « contente » ?! Eh bien au moins, je ne manque pas de confiance, hein !
Entre temps, ladite voiture est arrivée à ma hauteur et a tellement ralenti qu’elle roule maintenant très TRÈS lentement. En même temps, elle ne pourrait pas aller beaucoup plus vite vu que le conducteur ne regarde pas du tout la route. Il me fixe. Avec ce genre de regard qui vous fait dire :

Houston

Ah. Et en plus, surprise : monsieur semble être nu du haut… Rappelez-moi pourquoi j’étais contente de croiser quelqu’un ?! Finalement, il ré accélère et s’en va.

20 secondes plus tard, j’entends un bruit de moteur dans une rue proche de la mienne et qui donne sur le même rond point. C’est mon jour de chance : Monsieur Nu-du-haut a pris un sens interdit un peu plus loin pour pouvoir faire une petite boucle et revenir à ma rencontre (en roulant comme un malade, bien entendu). Sauf que cette fois-ci, il se gare à mon niveau sur le trottoir d’en face et commence à ouvrir sa portière. Toujours en me fixant. Toujours avec ce regard. Il est temps d’appeler Houston (aka mes parents, pour avoir un peu d’aide car je ne suis quand même qu’à 200m de la maison…) J’attrape mon portable et… Ah… Tiens… C’est super rigolo : pas moyen de me souvenir de ce numéro que je connais depuis 19 ans !! On serait dans un épisode de New York Unité Spéciale, j’aurais déjà noté le numéro de la plaque, fait un croquis de la voiture et dessiné vite fait le portrait robot du mec au Bic sur le dos de ma main. Mais on est en banlieue parisienne, un matin d’octobre à 6h30 et je suis donc incapable de me souvenir du numéro de chez moi. Et puis de toute façon, je dessine pas hyper hyper bien :

Portrait robot

Portrait robot

Au pire, quitte à avoir mon portable dans la main, je peux peut-être m’en servir comme d’une sorte de matraque ou d’un point américain ? (Les clés sont bien plus efficaces, je sais bien, mais je pense que cette idée devait être rangée juste à côté de mon numéro de téléphone, bien au fond de mon cerveau). Étant donné que je cours le 100 mètres en 5 jours et que M. Nu-du-haut a une voiture, la fuite n’est pas vraiment une option. Ne reste plus qu’à serrer les poings et à me jeter sur lui s’il s’approche (tout en ayant un peu envie de chialer de peur, soyons TRÈS clair sur ce point.).

Finalement, je ne sais pas par quel miracle, mon numéro me revient. Ma mère décroche, totalement endormie. Autant vous dire qu’au son de ma voix, en 2 secondes, elle est bien BIEN réveillée !

— Ne t’inquiète pas, papa arrive ! Je te garde au téléphone pendant ce temps.
— Pour le moment ça va mais le mec est en train de sortir de sa voiture…
— Papa est descendu, il sort la voiture et il arrive tout de suite !
— Ah cool. Parce qu’en fait, M. Nu-du-haut est finalement nu de partout…
— Attends, ne quitte pas…… Voilà c’est bon ! J’ai jeté un survêtement à ton père, il allait partir à poil !
— Hein ?!?!

1 minute plus tard, j’entends le moteur de la voiture de mon père au bout de la rue. M.Nu-de-partout aussi. Il me voit au téléphone et je pense qu’il réalise qu’il est nu, au milieu d’une chaussée sur laquelle arrive, à environ 5000 km/h, quelqu’un que j’ai appelé pour m’aider et qui est manifestement assez contrarié par toute cette histoire… (c’est précisément à cet instant que la panique change de camp.) HAHAAAA !! ON FAIT MOINS LE MALIN, MAINTENANT !
Bien entendu, M.Nu-de-partout-mais-pas-téméraire se sauve avant l’arrivée de mon père (qui passera ensuite une bonne demi-heure à tourner dans les rues pour tenter de le retrouver…).

Si ça se trouve, c’était juste un mec parti de chez lui un peu trop vite pour que sa femme ait le temps de lui jeter un survêtement… (En fait non. Et il a été arrêté quelques semaines plus tard.)

tous-a-poil

 

Vous pensez encore que le football est un sport de garçon ?

Petite, je suis tellement fan d’Olive et Tom que quand je ne joue pas au ballon, je me passe le 45 tours du générique en boucle sur mon mange-disque. Mon père, qui joue, entraine et arbitre, m’emmène au stade avec lui tous les dimanches*. À la maison, je passe des heures dans le jardin. Je gagne 287 finales de Coupes du Monde en dribblant mon Yorkshire pour marquer le but de la victoire entre 2 buissons contre le mur en meulière des voisins.

Olive_et_Tom

Alors forcément, ça ne rate pas : arrive un moment où mon endurance de moule et moi, on finit par demander à s’inscrire dans un club. À cet époque, à l’école, je cours le 60m en plus ou moins 1/2 journée (oui, vous vous souvenez, on courrait le 60m. Pas le 50 m ou le 100 m. Le 60 m…!??), mais je m’en fous : je veux jouer au foot.

À la maison, pour le sport ou toute autre activité qu’on pourrait vouloir faire, la règle est simple :

— Tu fais ce que tu veux, mais tu fais quelque chose. Et surtout, tu finis ce que tu as commencé.

Ma maman a juste oublié de me lire l’astérisque au bout de la phrase :

— Sauf si c’est du foot. Le foot, c’est un sport de garçon.

J’espère que vous avez bien conscience de la dimension du drame qui se joue : je ne serai jamais Olivier Atton !! (Je ne serai pas Tom non plus d’ailleurs, mais ça je l’ai su assez tôt, rapport au fait que j’ai un peu peur que le ballon me fasse mal et que du coup, je suis du genre à me décaler pour le laisser filer dans le but)

Et puis un jour, à 15 ans, je découvre qu’il existe des filles arbitres officielles. PERSONNE NE M’AVAIT RIEN DIT AVANT ! J’annonce à tout le monde que je veux passer l’examen et, ô miracle, aucun refus (à dire vrai, je crois que maman est tellement persuadée que je n’irai pas au bout qu’elle ne juge pas utile de refuser).
Une fois par semaine je vais à Paris le soir après les cours pour apprendre PAR CŒUR le bouquin des règles. Et si vous pensiez que le hors jeu est le truc le plus compliqué qui puisse exister dans le sport, c’est que vous n’avez jamais eu à répondre à une question du genre :

— Un joueur tire dans la balle qui est déviée par un chien qui passait par là. Et au moment où le ballon entre dans le but, un 2e ballon atterri sur le terrain, rebondit sur vous et entre aussi dans le but. Y a-t-il but ?

Il faut croire que plus c’est tordu, plus ça me plaît : je finis 1ère  ex aequo de l’épreuve écrite**. Plus qu’à arbitrer un vrai match pour valider l’examen !
Je suis comme une dingue (et totalement flippée, soyons très clairs là dessus). Mon père m’emmène acheter maillot, short, crampons. MES CRAMPONS ! Des vrais ! Qui me vont bien (même si je n’ai pas de pénis. Fou !) Qui font « tics tics tics » quand tu marches les pieds en canard sur le carrelage du vestiaire. Bien entendu, la première nuit, je dors avec (vous avez demandé un cliché ? Ne quittez pas…)

Jour J.
J’enfile mon maillot officiellement pour la 1ere fois.
Je suis tellement stressée que je vais faire pipi. J’y retourne.
Je sors du vesti… non, je retourne faire pipi (toujours y aller 3 fois en période de stress).

Finalement, tout le monde est là : les 2 équipes (de garçons, pour ceux qui se posent la question. Je n’ai jamais arbitré de filles.), mon examinateur et mon père, qui veille au grain.
Tout se passe très bien à UN détail près (il paraît que le diable est dans les détails. C’est faux : il est dans celui-ci en particulier) : j’ai un vrai chronomètre. Un chrono de prof de sport. Un chrono AUTOUR DU COU ! Avec les boutons sur les côtés qui tapent contre moi quand je cours, forcément… Et ce qui devait arriver arrive : en pleine seconde mi-temps, je regarde le temps de jeu : 00:00. Le truc c’est remis à zéro tout seul. Tranquillement.

Et voilà comment je me retrouve, du haut de mes 16 ans, pour le 1er match de ma vie, seule au milieu de 22 mecs (qui ont tout de même un LEGER a priori sur le fait que ce soit une fille qui les arbitre) et plus aucun moyen de savoir si ça fait 10 minutes ou 3 semaines qu’ils jouent…
(Même dans « Olive et Tom », je n’ai jamais vu ça ! Il s’en passe des trucs pourtant, hein… Des mecs se font des catapultes avec leurs jambes, les goals s’envolent au fond des buts avec le ballon rapport à la puissance du tir, mais jamais, AAAAAHHH ÇA NON, JAMAIS LE CHRONO NE LES A TRAHIS !) Ma mère avait raison, j’aurais mieux fait de m’en tenir à Princesse Sarah : au pire, je me serais prise de passion pour faire le ménage et personne ne m’en aurait voulu de ne pas savoir chronométrer le temps que j’aurais mis à faire les vitres !

Princesse_Sarah

« Je me demande combien de jongles je pourrais faire avec cette pomme… »

Je regarde mon père qui est debout au bord du terrain. Je pense que mes yeux crient un truc du genre :

— Je suis tellement dans la merde ! Encore plus que si j’avais foutu un but moi-même en le faisant exprès ! (et au fait, je n’ai jamais couru autant de toute ma vie, je vais crever sur le terrain. Mais à la limite, vu les circonstances, ça va peut-être m’arranger ! Dis juste à maman que je l’aime !)

Il comprend le message, me fait signe qu’il sait où on en est et qu’il me préviendra (et que j’ai gagné le droit d’avoir une montre-chrono pour mon prochain match, si je survis à celui-ci).
Fin du match, tout va bien, j’ai mon diplôme et personne ne remarque la supercherie de Copperfield, père et fille.
On a évité l’humiliation d’un rien..!

Enfin… « évité », « évité »…
Jusqu’à ce que je sorte de la douche, que je constate un « PETIT » oubli… et que je sois obligée d’entrouvrir la porte de mon vestiaire, trempée, pour demander à mon père de me prêter sa veste de survêtement pour me sécher !!

 

CONCLUSIONS :

  • TOUT CECI NE SERAIT JAMAIS ARRIVÉ SI ON M’AVAIT LAISSÉ JOUER AU FOOTBALL POUR DEVENIR OLIVIER ATTON ET METTRE SA RACLÉE À MARC LANDERS !!! (Sauf peut-être l’oubli de serviette, ok… Mais ne parlons plus de cette histoire, c’est un peu gênant.)
  • Le football n’est pas un sport de garçon, c’est juste un sport… (Ceci dit, l’arbitrage aussi et c’est très chouette ! Si si, promis ! Du coup, au fond, je ne regrette pas vraiment… N’empêche que les sports de garçon, ça n’existe pas !)
  • Les chronomètres-colliers devraient être interdits à la vente.

 

REMERCIEMENTS :
Je tiens à remercier mon papa, sans qui 22 joueurs et moi-même serions probablement encore en train de courir sur le terrain… ❤

 

 

 

*et donc oui, comme tous les fans d’Olive et Tom, j’ai découvert avec stupeur que 1/ en se plaçant dans un but, on voit celui d’en face (le terrain n’est pas une colline) et 2/ un match se joue en moins de 5 jours
** je n’en suis pas peu fière étant donné que pendant les examens blancs (qui avaient lieu à chaque cours ou presque), on m’a d’abord accusée de tricher en copiant sur mon voisin, puis de tricher par transmission de pensées avec ce même garçon (qui n’était donc plus mon voisin vu qu’on nous avait changé de place, un peu comme en CP…)

J’aurais tellement (pas) pu être Buffy !

Année de Première
Echange inter-lycée pour 3 semaines avec NCHS (Naperville Central High School) – Banlieue de Chicago
Autant vous dire que l’excitation est à son comble !

Ma famille d’accueil est adorable (pour de vrai).
Le premier jour, on fait connaissance, on cale 2/3 trucs :

  • Ma correspondante, persuadée que le micro-ondes n’existe pas en France, m’explique le principe du réchauffage de la nourriture devant son père qui contient son fou-rire en me voyant écouter poliment
  • La maman me fait un café. Tellement léger que j’ai du mal à le boire. Elle re tente en forçant un peu, histoire d’avoir le bon dosage pour le petit déjeuner. C’est toujours pas ça. À la 3e tentative, plus personne ne peut le boire…et bien entendu, je ne vois pas la différence avec la première version donc on laisse tomber (mais ils me prennent pour une warrior du café et j’entretiens ainsi l’image des Français à ce sujet)
  • La petite soeur de ma correspondante me laisse sa chambre au 1er étage et s’installe dans celle de son frère pour que j’ai un endroit à moi pendant le séjour. (Tellement chou ! Merci !)
  • Oui, j’aime beaucoup la junk food mais pas tout le temps. Du coup, le GRAND placard rempli de gâteaux et bonbons en tous genres, c’est adorable mais un peu trop pour moi. Ils m’achètent donc très gentiment de la salade… et de la « Moutarde parisienne de Dijon » pour faire ma vinaigrette. ❤
  • Oui, je suis Urgences en France (sauf que j’ai 25 saisons de retard), donc on pourra regarder tous ensemble LE super épisode que tout le monde attend et dans lequel le Dr Carter et Lucy Knight se font agresser (dit comme ça, ça fait un peu morbide mais rappelez-vous à quel point on l’attendait, cet épisode !)

Les bases sont posées : j’aime beaucoup ces gens, je suis plus que bien reçue et je me sens tout de suite chez moi.

La 3e ou 4e nuit, à 5-6h du matin, j’entends du bruit venant du sous-sol. Forcément, je me demande ce que c’est… Je m’inquiète un peu aussi. Est-ce que l’un d’entre eux a un problème ? Est-ce que quelqu’un tente d’entrer ?? Je me lève et j’ouvre la porte de ma chambre en espérant un peu que le bruit aie réveillé quelqu’un d’autre que moi. Bien entendu, comme dans toute scène flippante qui se respecte, NON.
Ce serait vraiment chez moi, je n’aurais pas super envie de laisser un cambrioleur entrer ou qu’il arrive un truc à ma famille donc j’irais voir (en poussant des cris de veau pour réveiller tout le monde et faire peur aux assaillants parce que je flipperais comme jamais, sauf que là, bien entendu, je n’ose pas trop…).
Je fais donc ce que toute personne sensée ferait à ma place dans un pays où les armes sont en vente libre : je descends toute seule, en pyjama et pieds nus* pour voir qui essaie d’entrer dans « ma » maison. BAH TIENS !

Au rez-de-chaussée, le bruit se précise. Ça vient clairement du sous-sol. Quelque chose frappe fort. Pour enfoncer la porte ?? J’ai peur d’aller voir… mais j’ai encore plus peur de remonter dans ma chambre sans rien dire et qu’un mec vienne m’abattre sous ma couette (on remerciera bien les scénaristes de tous les Rick Hunter, NewYork Police Judiciaire, Walker Texas Ranger & co pour avoir fait naître ces idées très très sensées dans mon crâne de piaf à cet instant précis)
Je fais un détour par la cheminée pour m’armer d’un tisonnier (parce que c’est bien connu : une barre de fer, c’est ce qu’il y a de plus efficace face à un flingue… mais bon, dans Buffy ça marche, alors…) et je décide de descendre**.

Buffy

Moi (à 2/3 détails près)

Sur l’un des 2 côtés de l’escalier, la paroi s’arrête au niveau du sol du rez-de-chaussée. Puis, cela devient ajouré, avec une rambarde pour se tenir. En gros, ça veut dire que quand vous descendez (et donc, quand je descends cette nuit là, de fait) si une personne se trouve en bas, elle voit apparaitre vos pieds, puis vos jambes, etc… Vous en revanche, vous ne la découvrez qu’après avoir presque tout descendu…. CHOUETTE ALORS !!!

J’y vais discrètement mais après 3 ou 4 marches, les coups cessent. OH MY GOD, JE SUIS DÉCOUVERTE !
GROSSE PANIQUE ! Quitte à être repérée, je descends l’escalier presque en courant en levant le tisonnier au cas où j’ai besoin de frapper et….
Je tombe sur Pat, le père de ma famille d’accueil, en short, tee shirt et gants de boxe, tout transpirant, debout à côté de son sac de sable…. qui me regarde avec des yeux de poisson, puis éclate de rire en nous voyant, ma tête de flippette, mon pyjama, mon tisonnier et moi.
Entre 2 gloussements, il arrive quand même à articuler :

 

— Caro…?? What are you doing ?
— … Defendind the house….?
— Ah ? Ha Ha Hahaha Sorry…. hahahahHAHAHAHAHAHAH !!!!!!!!

Si vous passez par Naperville et qu’en vous promenant dans la rue, vous entendez de drôles de bruits venant d’un pavillon, pas de panique : c’est Pat. Il est encore là-bas, à rire aux larmes.

 

 
* Le fait que je n’ai pas de chaussons n’a aucun intérêt dans cette histoire. Je le précise uniquement pour que vous preniez bien conscience de ma vulnérabilité à cet instant.
** N’y voyez pas là un acte de courage. Je préfère juste savoir ce qu’il en est plutôt que de rester dans l’inconnu. Chez mes parents déjà, quand j’étais toute seule et que j’entendais des trucs bizarres, il m’arrivait très régulièrement d’ouvrir d’un coup sec la porte donnant dans le garage en hurlant : « C’est bon, sortez de là maintenant, je vous ai entendu ! » (sauf que j’aurais été bien emmerdée si quelqu’un était effectivement sorti…)

Laisse pas traîner ton chien

Un après-midi ensoleillé chez mes parents, dans un pavillon de banlieue parisienne.
Le voisin sonne à la porte et tombe sur ma mère :

Est-ce que ton chien est-là ?

Je ne sais pas comment ça se passez chez vous, mais de notre côté, il n’est pas super fréquent que le chien invite du monde à la maison sans nous prévenir. Du coup ça l’interpelle.

Oui, je pense que oui. Pourquoi ?
Parce que je viens de voir une voiture, une Logan, se garer devant chez toi, attraper un chien qui ressemble au tien et repartir avec.

Après une fouille express de la maison et du jardin, c’est officiel : ON VIENT DE KIDNAPPER LE CHIEN !
(Rendez-nous le chien ! Champomy d’abord !)

Furieuse, ma mère se jette dans sa voiture et démarre comme je l’ai rarement vue le faire. Je ne serais pas totalement étonnée d’apprendre que c’est comme ça qu’est née la franchise « FAST and FURIOUS » (c’est fou hein, ces films avec des mecs musclés et des grosses bagnoles qui viennent en fait du kidnapping d’un Yorkshire par 2 débiles en Logan).

Magie_cinema

La magie du cinéma

Par chance, vers chez nous, une seule famille roule en Logan (ce qui rend donc le truc à peu près aussi discret qu’un Hummer dans un village Playmobil), et on passe devant chez eux tous les jours pour aller bosser. Autant vous dire que 17 secondes plus tard, ma mère sonne chez eux pour la 5ème fois, prête à libérer l’otage par la force s’il le faut.
À l’ouverture de la porte, pas un « bonjour » des kidnappeurs, ni même un « c’est à quel sujet ? ». Juste un stoïque :

– C’est pour le chien ?
– À votre avis ?
– On pensait qu’il était perdu…
– Dans mon jardin ?! Rendez-le moi !

Ma mère, cette négociatrice née.
(Never mess with mum. N.E.V.E.R.)

5 minutes plus tard, le chien est de retour dans le jardin, concentré sur son activité préférée : tenter de prendre dans sa gueule un ballon de foot qui fait 2 fois sa taille… (Le tout en guettant qu’aucun chat n’est dans le coin, parce que ça fait un peu peur, les chats…)

Conclusion :
Message aux producteurs de Beethoven : je suis prête à négocier les droits de cette histoire à condition que mon chien ne soit pas joué par un Saint-Bernard qui bave des litres (et que le film passe sous silence la scène avec le ballon de foot : c’est un peu humiliant)

Ma sœur, quelque part entre Géo Trouvetou et Jérôme Bonaldi

Voici comment se passe une après-midi d’été classique chez mes grands-parents, en Corrèze…

Protagonistes :

  • Mon cousin : 14 ans
  • Ma soeur : 5 ans
  • Nos copains : entre 10 et 14 ans
  • Moi : 10 ans
  • Ma grand-mère : l’âge d’une grand-mère

Déroulé de l’après-midi :

  • Température : beaucoup trop élevée
  • Temps pour décider de nous emmener tous les 3 nous baigner à l’étang du village : 2 minutes

Chamboulive_etang

  • Enfilage des maillots de bain : 10 secondes
  • Enfilage de mon bonnet de bain (oui, c’était moi le crâne d’oeuf qui n’avait pas le droit de mettre ses oreilles dans l’eau) : 25 minutes
  • Cheveux arrachés en mettant le bonnet : 4 millions
  • Enfilage des brassards de la petite sœur : 5 secondes
  • Temps pour rentrer dans l’ea… : on y est déjà
  • Nombre de personnes qui nous surveillent : 100 (concrètement, il n’y a pas 20 km de plage et tout le monde se connaît ou presque, donc tout le monde surveille tout le monde)
  • Sauts du plongeoir (oui c’est un étang de village mais on a quand même un plongeoir !) : 57
  • Poiriers sous l’eau : 389
  • Nombre de personnes qui m’appellent « crâne d’œuf » : zéro (mon cousin est grand et il n’est jamais bien loin…)
  • Parts de gâteau au yaourt (fait par mamie) mangées : le gâteau complet y passe
  • Temps nécessaire à ma sœur pour élaborer une idée lumineuse, toute seule de son côté, du haut de ses 5 ans : 10 secondes

Geo_Trouvetou

  • Retrait des brassards, discrètement, l’air de rien : 1 milliseconde
  • Enfilage des brassards aux CHEVILLES (elle est LÀ, l’idée lumineuse) : 1 milliseconde (on est toujours très rapide quand il s’agit de faire une connerie…)
  • Course sur l’eau pour aller le plus loin possible en marchant dessus avant de se faire engueuler (parce qu’au fond, elle sait bien que c’est une connerie. Sinon, pourquoi les parents s’obstineraient à TOUJOURS coller ces trucs aux bras, franchement ?) : 5 secondes ? A peu près… Si on compte large…
  • Renversement, triple lutz plongé et suite de la marche avec toujours les pieds sur l’eau MAIS le reste du corps un peu moins : 1 seconde
  • Trouille de sa vie : 1 seconde
  • Se faire sortir de là par un des copains qui se trouve juste à côté d’elle : immédiatement

Conclusion :

Apparemment, je ne suis pas la sœur de Jésus. C’est con, elle aurait pu multiplier les gâteaux au yaourt…

Bus Greyhound Montréal – New York City : le Koh Lanta d’Amérique du Nord

Vous avez prévu un voyage en Amérique du Nord et vous vous dites que ce serait pas mal de découvrir New York ET Montréal ? Excellente idée !
Vous vous demandez quel moyen de transport choisir pour aller de l’un à l’autre ?
Dans le sens NYC –> MTL : peu importe
En revanche, pour faire MTL –> NYC, assurez-vous une histoire un peu dingue à raconter à votre retour et optez pour le bus Greyhound : 8h de trajet et une forte probabilité de vivre une « petite aventure ». Je l’ai tenté 2 fois : 100% de réussite !

Greyhound

« Montréal – NYC en bus Greyhound » – Aventure 1

Vacances de rêves avec mes 2 meilleurs amis.
Après un petit séjour à NYC pour le Nouvel An et 15 jours passés à Montréal, il est temps de passer la nuit dans le bus pour New-York et de sauter dans l’avion pour Paris au petit matin. Le planning et un peu serré mais largement faisable.
On est 3. Je suis volontaire pour m’asseoir à côté d’un inconnu (de toutes façons je vais dormir). Durant tout le début du trajet, on discute, on plaisante mais on évite de dormir : on sait qu’il va falloir sortir à l’arrivée à la douane US.
La douane justement. Tout se passe bien jusqu’à ce que je donne mon passeport. Et là… L’attente… Le regard suspicieux de l’agent. Je n’ai pas de passeport biométrique et il ne me trouve visiblement pas dans ses fichiers. Le temps passe, ça devient un peu stressant mais je n’ai pas envie de lui montrer, d’autant plus qu’il me regarde comme si j’étais coupable d’un truc alors que j’ai juste envie de dormir (il doit être 1h du matin…).
Au bout de 10 minutes, l’air toujours aussi fermé et suspicieux, il décide enfin de desserrer les dents :

I’m not gonna bite you.

Et moi, sans me démonter, en le regardant droit dans les yeux :

I know.

(En vrai je ne faisais pas trop ma fière mais bon, il a fini par me rendre mon passeport avec un sourire en coin et j’ai pu repartir.)

Il est tard. On est KO. Le bus nous berce. On discute un peu mais on ne veut pas déranger les gens et assez rapidement, chacun écoute sa musique et commence à s’endormir. Je regarde par la fenêtre. On est arrêté sur l’autoroute car il y a un peu de monde donc bien qu’il fasse nuit, je distingue une petite colline enneigée. Je trouve ça joli. Et je m’endors….
Quand je rouvre les yeux, il fait totalement jour et la première chose que je vois, c’est… La jolie colline enneigée…. QUOI ???
Je me retourne pour voir si mes amis dorment et je les trouve tous les deux, totalement catastrophés, les yeux rivés sur moi :

— Ah ça y est, tu es réveillée ! Ça fait 6h qu’on est là et qu’on n’a pas bougé !
— SIX HEURES ??

Sachez donc, mesdames et messieurs que si les Américains sont capables d’envoyer Bruce Willis dans l’espace une fois tous les 15 jours pour détourner un astéroïde qui menace la planète, il leur faut 6 put*** d’heures pour dégager 2 voitures qui se sont rentrées dedans sur l’autoroute !!!
À ce moment-là, on est quasi certains de rater notre avion. Comme il y a le WiFi dans le bus, je demande à mon voisin s’il veut bien me prêter son ordinateur le temps d’envoyer un mail pour prévenir les gens en France, histoire que personne ne s’inquiète. Il me répond alors espagnol :

Oui, bien sûr. Mais attention, c’est un clavier QWERTY que j’ai transformé en clavier espagnol.

Ah oui d’accord. C’est donc un clavier que je ne connais pas trop à la base, transformé en un clavier que je ne connais pas du tout. Je réduis donc mon message au maximum (ça me prend quand même un temps infini) et au moment de renseigner l’adresse mail :

— Excusez-moi, où se trouve le @ ?
— Je ne sais pas, je ne l’ai jamais trouvé… Je cherche sur Google et je fais un copier-coller.

Au final, mon mail est parti, on a passé 13h dans le bus, on a traversé la gare routière de NYC en courant avec nos valises sur la tête pour sauter dans le 1er taxi venu et nous sommes arrivés à l’aéroport… Pour découvrir que le vol était retardé 🙂 Autant vous dire que dans l’avion, on a bien BIEN dormi !!

« Montréal – NYC en bus Greyhound » – Aventure 2

Pourquoi décider de REfaire le trajet en bus ? Parce que pour pas trop cher, tu vas d’un centre-ville à l’autre assez tranquillement. Enfin… Tranquillement…
Tout va bien tant que tu roules côté Canada. Il fait nuit. Tu te laisses bercer… jusqu’à l’arriver à la douane US. Et là, un type monte à bord et HURLE (en anglais, bien entendu) :
« TOUT LE MONDE DEHORS !! Vous prenez passeport et argent et vous laissez tous le reste !! »

L’espace d’un instant, tu as un peu l’impression que tu viens d’arriver à Rikers et qu’un autre type d’attend dehors avec une combi orange. Tout le monde descend et on commence à faire la queue pour le petit interrogatoire classique à base de « Pourquoi venez-vous aux Etats-Unis ? Où allez-vous dormir ? » (OUI quand on le lit, comme ça, c’est très tentant de répondre « dans ton c… » Mais quand t’es sur place, en fait non…).
On attend dans une grands salle que tout le monde soit passé. Il fait jour et les murs sont vitrés. On peut donc voir ce qui se passe dehors. On reconnait alors notre bus qui arrive. Cool ! On va pouvoir repar… Heu… Pourquoi ils sortent tous les bagages ???
Sous nos yeux, les douaniers font des passes de foot US avec nos sacs… Sauf qu’il n’y a personne pour les rattraper et qu’il s’éclatent littéralement les uns sur les autres. Et là tu vois tout de suite à la tête des gens ceux qui ont fait leurs bagages consciencieusement et ceux qui sont plutôt du genre « Mais pourquoi veux-tu que cette bouteille éclate ?? C’est moi qui porte le sac, je vais faire bien attention, ça ira ! ».
Plus le temps passe et plus le chauffeur du bus s’impatiente, se tend. Les coups de fils sur son portable s’enchaînent mais personne ne nous dit ce qui se passe…
On s’approche des vitres pour voir de plus près et là… les mecs sont en train de démonter toutes les trappes. AU TOURNE-VIS !

Hooker

Hooker armé d’un tourne-vis

J’ai tenté de prendre des photos du démontage mais des agents se sont précipités sur nous pour nous interdire de regarder.
Chouchou… Si vraiment on n’a pas le droit de regarder :
1/ Pourquoi venir démonter NOTRE bus devant NOTRE salle ??
2/ ET POURQUOI AVOIR MIS DES VITRES PLUTÔT QUE DES VRAIS MURS ??

Bref, les mecs finissent leur bricolage, embarquent le bus dans un hangar un peu plus loin (à ce stade, je me demande s’ils n’ont pas demandé à Grissom de le passer au luminol) puis reviennent et remettent les bagages dedans. Le verbe « balancer » serait même un peu plus approprié (et je ne pense pas me tromper en affirmant que ces gens n’ont jamais dépassé le 1er niveau de Tetris…)

Plus d’1h plus tard, nous repartons.
Manifestement, en plus d’être nuls en Tetris, les douaniers sont lamentables en Mecano : des morceaux s’ouvrent en route.
Mais bon, au moins on est en route…

(Vous pensiez que c’était fini ? Non non.) 30 minutes plus tard  alors qu’on se dit qu’on est tranquille jusqu’à New York, HOP, un petit ralentissement et voilà que le bus se range sur le côté. On pense d’abord à un arrêt « normal » sur une aire de repos. Les portes s’ouvrent, 2 mecs de la douanes volantes montent à bord et à :
RAISE YOUR HANDS !!

Border-patrol

La « douane-mobile »

Très franchement, je crois d’abord à une plaisanterie. Du coup je me penche dans l’allée et j’essaie de prendre une photo : GROSSE ERREUR !!!
Deuxième salve de « RAISE YOUR HANDS » !
Ok, ok, on « raise », ne vous fâchez pas comme ça.

Toujours en hurlant :

PASSEPORTS !

Forcément, tout le monde baisse les mains pour prendre ses papiers, et là :

RAISE YOUR HANDS !!

Ok, on relève…
À nouveau :

PASSEPORTS NOW !!

Re-baissage de mains….

AND THEN RAISE YOUR HANDS !!!

On a tous l’air très intelligent, vous vous en doutez.
J’aurais presque envie de chanter « Heyyyyy Macarena !! »

Le chauffeur de salle…pardon, le douanier, vérifie les papiers de tout le monde, fait flipper un pauvre québécois en repartant avec sa carte d’identité, puis revient la lui rendre sans rien dire et redescend du bus.
C’est ce moment que je choisis pour prendre tous les risques, me pencher une nouvelle fois dans l’allée au péril de ma vie et prendre LA photo souvenir de cet épisode digne d’un « New York – Police criminelle ».
En exclusivité, voici donc la photo de monsieur, lunettes de soleil à l’arrière du crâne, en pleine intervention :

Douanier_volant

Monsieur « Raise your hands »

QUAND JE VOUS DIS QU’IL FAUT FAIRE MONTRÉAL – NEW-YORK EN BUS !

Et puis une fois sur place, vous pourrez voir des choses comme ça 🙂

New-York_CentralPark

Time-square

New-York_Love

New-York

New-York_mini-snowman

Montreal

Montreal3

Crazy

Saint_Viateur

Montreal2

Si, si, la famille

On pense que les aventures n’arrivent que dans cette jungle imprévisible qu’est le monde en dehors des 4 murs de notre appart.
Ouais, c’est ça ouais…

Un soir, je reviens de la fac (au moment des faits, je vis donc encore chez mes parents) et en entrant dans le salon, je tombe sur ma maman, assez inquiète, et ma petite sœur (environ 15 ans à l’époque). Ma mère a déposé la chienne sur la table et est en train de… de…. l’ausculter ? Elle la regarde sous toutes les coutures et la manipule pour voir si elle a mal quelque part.

Moi : Qu’est-ce qu’il se passe ? Ficelle (oui, oh, ça va hein !) a un problème ?
Ma mère : Je ne sais pas, elle a perdu des poils à plusieurs endroits. Ca lui fait comme des plaques mais je ne comprends pas pourquoi.
Ma sœur : Oui, bah j’y suis pour rien !

Ouvrons une parenthèse.
Petite astuce  : ne vous justifiez JAMAIS au sujet d’un truc pour lequel on ne vous demande rien. C’est suspect. Encore plus que de dire que vous n’avez pas mangé de mille-feuilles alors que vous avez du sucre glace plein la moustache (coucou papa o/ ).
Fermons cette parenthèse.

Moi : Qu’est-ce que tu lui as fait ?
Ma sœur : Mais rien ! Je vous jure que j’ai rien fait ! On m’accuse tout le temps dans cette maison, c’est chiant ! J’en ai marre, à la fin ! C’EST.PAS.MOI.OK ?
Ma mère : Ok, ok… Mais ne crie pas comme ça ! Je l’emmène chez le véto tout de suite… Mais je te préviens, si j’y vais pour rien et que je découvre que…
Ma sœur : BON C’EST BON, CA VA, C’EST MOI….
Ma mère : Mais qu’est-ce que tu lui as fait ?!

Silence. Suspense.
Puis soudain.

Ma sœur : C’est pas ma faute ! C’est papa qui voulait pas que j’essaie la tondeuse sur sa tête ! VOILA !

On notera la logique…
En attendant, ma mère et moi avons remporté la médaille d’or du contrôle de fou rire par équipe aux J.O. du LOL de 2003 (et je regrette un peu que mon père ait été si frileux… On aurait manqué la médaille… mais on se serait bien marrées !)